Dans l’agglomération de Bordeaux, un couple de buralistes s’est lancé sur les réseaux sociaux pour moderniser l’image de leur commerce. Cette présence sur TikTok et Instagram permet de partager des moments du quotidien et de témoigner, au travers d’anecdotes, des réalités de ce métier. Reportage de France 3 Nouvelle Aquitaine.
« On voulait montrer qu’un bureau de tabac, ce n’est pas juste un endroit où l’on vend du tabac, mais un vrai lieu de vie », expliquent-ils.
•• L’idée est venue d’Hélène, inspirée par d’autres buralistes qui partageaient aussi leur quotidien sur les réseaux sociaux. Avec son compagnon, elle met en scène des situations humoristiques et authentiques, inspirées de leur quotidien au bureau de tabac. En parallèle, le couple publie des vidéos de sensibilisation sur des thématiques comme la prévention pour les mineurs ou l’arnaque des cartes prépayées.
Pour capturer leur quotidien sans passer des heures en montage, le couple a installé une petite caméra qui filme en continu. Grâce à un minuteur déclenché à chaque moment marquant, ils repèrent facilement les séquences intéressantes à monter.
La stratégie porte ses fruits. En quelques mois, les audiences explosent avec presque 105 000 abonnés cumulés sur les réseaux sociaux. Cette visibilité permet d’interagir avec une audience variée, de répondre aux questions et d’apporter un éclairage sur la profession. Certaines vidéos ont atteint plusieurs millions de vues.
•• Leur bureau de tabac est un lieu de rencontre et d’interaction sociale. « On a des clients qui passent tous les jours, non seulement pour acheter quelque chose, mais aussi pour discuter, échanger, se sentir moins seuls », souligne Gérald. Pour beaucoup, le tabac reste un espace où se croisent toutes les générations.
L’engouement des jeunes pour leur contenu prouve aussi que ce métier évolue et attire un nouveau public. « On reçoit des messages de jeunes qui nous disent qu’ils s’intéressent au métier de buraliste, qu’ils découvrent une autre facette grâce à nos vidéos », ajoute Hélène.
Mais ils doivent aussi faire face à des critiques parfois violentes sur l’éthique de leur métier « Il y a beaucoup de gens qui le disent et on le voit dans les commentaires. On est des vendeurs de mort… Il faut réussir à dépasser ça », assurent-ils.
•• Au-delà de l’aspect ludique et pédagogique, les réseaux sociaux représentent aussi une source de revenus complémentaire pour le couple.
Grâce aux vues générées sur leurs vidéos et aux partenariats éventuels, ils perçoivent des rémunérations qui, sans être leur principale motivation, constituent un atout non négligeable. « TikTok, ça paye, et même si ce n’est pas notre but premier, on ne va pas s’en cacher », reconnaît Gérald.
Le couple reconnaît que ces activités sur les réseaux sociaux ne sont pas sans conséquences sur la clientèle physique. « On sait qu’on a perdu quelques clients », explique Gérald. Certains habitués ont découvert que leur voix avait été diffusée sur les réseaux sociaux. « Je n’ai pas percuté que ça pouvait avoir une incidence sur la personne … Je ne suis pas là pour blesser les gens ».




