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12 Oct 2024 | Profession
 

Tabac, jeux dargent, alcool … Les buralistes vendent des produits qui les exposent au danger. Pour cette raison, la police nationale de Montpellier a organisé une session de formation, afin dadopter les bons gestes en cas dincivilités, voire dagressions. Reportage de France3 Occitanie.

•• À la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de l’Hérault à Montpellier, plusieurs dizaines de buralistes assistent à la reconstitution d’une scène de leur vie quotidienne : assis derrière la caisse, l’un d’eux enregistre les articles d’un client. Quand soudain, deux hommes débarquent violemment, armes factices en main. Le braquage est si bien joué que toute la salle a sursauté …

Sous les capuches, pas de vrais voleurs, mais des policiers nationaux, venus enseigner aux buralistes du département, comment gérer une agression ou un casse dans leur boutique. « Le mieux reste de coopérer et de faire ce qu’on nous demande pour ne pas se mettre en danger », explique le formateur de la Police de Montpellier.

•• Type darme utilisé, signes distinctifs chez le malfaiteur … Une fois à labri, il faut savoir transmettre les bonnes informations au 17, afin que les patrouilles envoyées puissent orienter leurs recherches. Même si ces réflexes sont familiers, ils peuvent vite se perdre en cas de stress.

« Les gens connaissent les bons gestes en théorie, mais pour la plupart d’entre eux, avec ce qu’on appelle l’effet tunnel en cas d’agression, on peut les oublier » rappelle le commissaire Carabin, de la police nationale de Montpellier. « Le but est donc de les inscrire dans la mémoire des buralistes de manière que ça devienne automatique en cas de problème. On parle par exemple de tout ce qui est désescalade, pour qu’une situation tendue ne s’envenime pas davantage, en employant la bonne gestuelle et le bon ton pour calmer la personne. »

Et d’ajouter : « on ne constate pas de hausse des agressions des buralistes, toutefois ils restent exposés en raison de leur profession, que ce soit aux violences verbales, avec un client énervé, ivre, ou alors au vol, voire au vol à main armée » poursuit-il.

•• Attaque à l’arme de poing, au couteau … Plusieurs faits divers ont marqué les esprits des buralistes ces dernières années (voir 23 juillet et 11 mars). Toutefois, les braquages restent rares dans le département (dans la population générale, les vols violents avec ou sans armes ont augmenté de plus de 20 % entre 2022 et 2023 dans l’Hérault, mais ont diminué d’environ 3,5 % depuis 2016, selon le service statistique du ministère de l’Intérieur) contrairement aux comportements discourtois, monnaie courante dans les boutiques.

« On se sent en insécurité car on vend divers produits qui peuvent intéresser les malfaiteurs, notamment le tabac, dont le prix augmente fortement, les jeux d’argent, et les espèces », rappelle Jérémy Pézières, président de la fédération des buralistes, dans le secteur de Montpellier (et aussi administrateur de la Confédération).

•• « Après, il y a aussi les différentes petites incivilités du quotidien qui nous créent du tort. Personnellement, je constate moins d’incivilités ces dernières années, mais il m’arrive de voir arriver dans l’établissement des clients déjà alcoolisés qui me demandent de leur servir à boire et qui deviennent agressifs quand je refuse », témoigne Fabrice Fraisse, buraliste depuis 2006 près de la gare de Montpellier. « Aujourd’hui, j’ai par exemple appris que faire le tour du comptoir et être en contact physique avec la personne délicate va l’énerver encore plus », explique-t-il.

Autre option complémentaire, la vidéosurveillance ou les alarmes. Tous les cinq ans, les douanes françaises valident aux buralistes une enveloppe de 10 000 euros pour s’équiper en matériel de sécurité. (Voir aussi 5 mai 2022).