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11 Déc 2025 | Profession
 

Bouton d'alerte pour les buralistes: mon sherifLa Région Auvergne-Rhône-Alpes offre des boutons d’alerte aux buralistes (voir le 9 décembre). Des petits boîtiers sur lesquels ils peuvent discrètement appuyer pour alerter des numéros préenregistrés, s’ils se retrouvent en difficulté avec un client voire agressés ou braqués. Mais ce système est-il efficace ?
C’est ainsi que débute un sujet de ICI Drôme Ardèche que nous reprenons.

Parce que le prix des cigarettes a augmenté, parce que le trafic illégal de tabac aussi, les buralistes sont la cible de braquages. Près de 5 000 actes violents contre ces commerces France entière en 2024. La Région Auvergne-Rhône-Alpes a donc décidé de leur offrir un outil de sécurité supplémentaire, un bouton d’alerte.

Le même bouton d’alerte que pour les femmes victimes de violences conjugales. Un petit boîtier qu’on programme en 5 minutes. On peut le relier à 5 numéros de téléphone, détaille Renaud Pfeffer, vice-président en charge de la sécurité à la Région : « c’est un bouton connecté à votre smartphone et sur lequel vous pouvez connecter qui vous voulez : vos proches, les commerces voisins, voire la police municipale ou les brigades de gendarmerie. »

D’un simple clic discret sur ce bouton, vous leur envoyez un message pour leur indiquer que vous êtes en difficulté. Un autre appui plus long sur le boîtier et vous enregistrez l’audio de la scène : utile pour l’enquête et devant les tribunaux.
Lysel Garnier, présidente de la Fédération des buralistes de la Drôme, estime que « ces boutons sont utiles. On est des commerces assez visés sur les braquages. Dans mon département, j’en ai eu quelques-uns… dont un très violent à Savasse en mars dernier. Il n’y a aucune méthode fiable pour stopper toute violence ou agression, mais ces boutons viennent compléter notre système de sécurité. »

Des buralistes lui ont demandé ce type de boutons d’alerte, même si certains, ajoute-t-elle, sont déjà équipés d’un système équivalent avec leur télésurveillance. C’est le cas de Pierre, dans son commerce drômois : « un système comme vous décrivez. Un bouton sur lequel on appuie et la télésurveillance prend le relais via les vidéos. » La société de télésurveillance se connecte en direct aux caméras installées dans le commerce : « et en fonction des images, elle juge s’il faut appeler les forces de l’ordre ».

Mais le tabac de Pierre était déjà équipé de ce système quand il s’est fait braquer il y a une poignée d’années : « la collègue n’a pas eu le temps d’appuyer sur le bouton. Ces actes de braquage, ça va très vite, ça dure quelques dizaines de secondes. Et puis devant la soudaineté, la brutalité, l’émotion… faut-il encore avoir le réflexe d’appuyer. » Pierre doute donc de l’efficacité de ces nouveaux boutons d’alerte.

La Région en offre 200 dans un premier temps puis s’adaptera en fonction des besoins. Elle fournit aussi des affichettes « commerce protégé » à coller sur la devanture, pour essayer de dissuader les malfaiteurs.