Dans un article bien informé, l’hebdomadaire économique Challenges revient sur l’important sujet de la traçabilité des cigarettes. A l’occasion de la mise en place du système d’authentification et de traçabilité des paquets de cigarettes « Codentify » (voir Lemondedutabac du 2 avril).
Soit un code alphanumérique imprimé, doublé d’un pictogramme, qui commence à apparaître sur les paquets en vente. Un système qui ne peut être copié, « contrairement aux timbres fiscaux » précise dans l’article Philippe Chatelain, directeur des technologies de prévention du commerce illicite chez Philip Morris. « les codes sont uniques, ne se suivent pas, et permettent de tracer les paquets de l’usine aux buralistes ».
Mais Challenges revient en détail sur le lobbying d’une société suisse – Sicpa – qui, jusqu’au bout, aura tenté de faire adopter la solution des timbres fiscaux tant en France qu’au niveau européen. Notamment à travers un amendement parlementaire qui a fait long feu (voir Lemondedutabac des 16, 18 et 29 juillet 2013).
La parole est redonnée aux partisans de cette solution suisse, pour lesquels « Codentify » a l’inconvénient d’être un système pris en charge par les fabricants : « c’est comme demander à Spanghero de tracer sa propre viande ! »y déclare élégamment le criminologue Alain Bauer.
Challenges explique, en fait, le rôle du groupe français Arjowiggins Security (spécialisé dans le traitement sécurité de billets de banque, documents d’identification, produits sensibles, etc) qui exploite Codentify : « nous agissons comme tiers de confiance » nous éclaire Florent Denjean (Directeur des solutions gouvernementales d’Arjowiggins Security) « les données sont stockées dans un coffre-fort digital, séparé des industriels du tabac ».
Avec un commentaire, recueilli par le journaliste, auprès du cabinet d’Arnaud Montebourg : « nous soutenons cette solution qui renforce Arjowiggins, crée des emplois en France, et n’impose pas l’industrie du tabac comme opérateur du système ».




