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20 Avr 2026 | Vapotage
 

La proposition de loi portée par les députés Nicolas Thierry (EELV) et Pierre Cazeneuve (EPR) vise à neutraliser la différence entre vapotage et tabagisme (voir le 14 avril 2026). Cette confusion est inadmissible.
C’est ainsi que débute un communiqué de la Fivape (voir 30 octobre 2025 et 23 septembre 2025) que nous reprenons.

Que ça plaise ou non, le vapotage est devenu l’ennemi public N°1 du tabagisme et de l’industrie du tabac. 3 millions de Français ont arrêté de fumer avec l’aide de la vape, son impact sanitaire est positif et considérable, il se mesure par une baisse historique des ventes de cigarettes.

La différence entre vaper et fumer est essentielle.

Après 3 ans de travail, l’ANSES vient de le rappeler dans son rapport scientifique sur le vapotage publié en début d’année (voir 5 février 2026).
La réduction majeure des risques par rapport à la cigarette et l’efficacité pour l’aide au sevrage sont établis et incontestables, confirmant de nombreux consensus internationaux.
L’instauration d’un paquet neutre « comme le tabac » consiste à effacer totalement cette réalité. Adresser aux fumeurs le message que fumer ou vaper, c’est pareil, est inadmissible et irresponsable.
« Tromper intentionnellement la population sur la perception des risques est malhonnête et immoral pendant que 68 000 français meurent encore chaque année du tabagisme » selon Jean Moiroud, président de la FIVAPE.

« Protéger les jeunes » : un exposé des motifs hypocrite.

La vente des produits du vapotage est déjà interdite aux mineurs depuis 2014. Il n’existe pas de mesure plus drastique pour empêcher les jeunes, fumeurs ou non-fumeurs, d’accéder au vapotage par curiosité ou pour se sevrer du tabagisme.
Par ailleurs, le règlement européen CPL – Common Labelling and Packaging, article 35 – encadre déjà les produits du vapotage contenant de la nicotine. Il stipule clairement que les produits ne doivent pas présenter d’éléments susceptibles d’attirer la sympathie des enfants.
« Les mesures de restrictions pour empêcher les jeunes d’être attirés et d’accéder au vapotage existent depuis des années, et elles sont objectivement suffisantes. Mais le vrai trou dans la raquette est l’inaction des pouvoirs publics à les faire respecter » selon Jean Moiroud.

Un projet antitabac qui profitera d’abord à l’industrie du tabac.

Les campagnes de communication de ces derniers jours et la coordination avec les médias et les députés pour l’annonce de la proposition de loi n’autorisent aucun doute. Le projet est dicté et supporté par des associations antitabac : Contre Feu et CNCT.
Celles-ci ne sont pourtant ni des agences de santé, ni des sociétés savantes, ni des acteurs de terrain auprès des fumeurs.
Par manque de connaissances et d’expérience de la sociologie du vapotage, elles n’ont pas anticipé la conséquence principale et immédiate d’un tel projet de neutralisation de la différence entre vaper et fumer, à savoir une baisse mécanique de l’attrait du vapotage. Autrement dit, moins de fumeurs qui tenteront l’expérience pour arrêter de fumer.
À qui cela peut-il profiter hormis à l’industrie du tabac ?

« Partout dans le monde, les mesures qui visent à réduire l’attractivité du vapotage atteignent toujours leur objectif premier de contraction du marché qui se traduit par une baisse des ventes. Mais elles s’accompagnent systématiquement aussi d’une recrudescence du tabagisme et de l’émergence d’un marché noir incontrolable » selon Jean Moiroud.

Oui à un encadrement, mais pas à n’importe quel prix et pas avec n’importe qui.

L’industrie du tabac n’est pas légitime sur le vapotage. Aucune mesure dans le projet de loi ne vise d’ailleurs à endiguer ses pratiques marketing dans les boîtes de nuit et dans les bureaux de tabac pourtant largement dénoncées – à raison – ces dernières semaines dans les médias.

Encore une fois, c’est la filière indépendante qui serait principalement impactée par la neutralisation des emballages au lieu d’envisager des mesures plus souples et adaptées aux réalités. En effet, compte-tenu de l’interdiction de publicité, les fabricants n’ont que cet espace pour singulariser leurs produits et pour afficher leur différence avec l’industrie du tabac. Quoi qu’en disent les détracteurs qui focalisent sur des cas isolés (cherry picking), chez l’immense majorité des fabricants, français notamment, le marketing est conçu pour adresser les fumeurs majeurs et entretenir leur motivation dans des boutiques de vape spécialisées qui consacrent 100 % de leur activité au vapotage. Ils ne vendent ni bonbons, ni jouets pour attirer les enfants. La FIVAPE a d’ailleurs déjà proposé d’interdire l’entrée aux mineurs non accompagnés dans les commerces spécialisés.

Dans un même ordre d’idée, la FIVAPE propose depuis des années la création, sous l’égide du Ministère de la Santé, d’un registre des commerces habilités à vendre des produits du vapotage.

Cette mesure de salubrité pour le marché empêcherait les dérives actuelles dans des circuits non spécialisés qui n’apportent aucun conseil et qui sont les principaux distributeurs des formats « néo-puff » totalement déconnectés de l’objectif d’aide au sevrage tabagique.

La FIVAPE appelle le Gouvernement et les parlementaires à rejeter la proposition de loi et à rouvrir un dialogue constructif avec la filière indépendante et les parties prenantes ouvertes à la réduction des risques, notamment les professionnels de santé sur le terrain.

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