Laurence Proust, présidente des buralistes sarthois (et membre du conseil d’administration de la Confédération nationale), qui tenait son assemblée générale ce 2 février, s’inquiète des trafics de tabac qui mettent en danger la profession. Interview dans Le Maine Libre.
• De quel ordre est la diminution du volume de tabac vendu par les buralistes ?
•• Laurence Proust : En Sarthe, il a diminué de 11 %. Plus personne ne cache son paquet de couleur, ce paquet de cigarette contrefait ou acheté à l’étranger. On en voit fleurir partout, même sur notre terrasse. Certains de nos clients sortent machinalement leur paquet, ça devient banal. On ne peut pas continuer comme ça. On met les buralistes en danger ; la santé publique des Français aussi et c’est une perte fiscale très importante pour l’État.
• À quel point contrebande et contrefaçon ont augmenté ?
•• Laurence Proust : En moyenne de 35 %. On a une explosion de la contrebande et de la contrefaçon qui représentent une perte fiscale en milliards pour l’État et des difficultés financières pour les buralistes, qui se sont mobilisés dans toute la France.
• Que réclamez-vous ?
•• Laurence Proust : Que les sanctions soient appliquées et on réclame un moratoire fiscal. Plus on augmente le prix du tabac, plus on va avoir une recrudescence des vols avec violence. On a eu aussi des camions de livraison de tabac braqués. Un paquet de tabac, c’est du luxe. Le tabac de contrefaçon alimente la criminalité.
• La Sarthe n’a pas été épargnée par les vols à main armée…
•• Laurence Proust : En fin d’année, on a recensé sept vols chez les buralistes sarthois. Et au cours de l’année 2024, deux braquages ont été commis. Les buralistes victimes sont marqués psychologiquement. Les autres ont peur d’être les prochains visés. (Voir aussi 5 juillet 2023 et 18 mars 2024)




