
Les derniers chiffres sur le trafic de cigarettes de contrebande sont inquiétants (voir le 3 juin 2026). Les Hauts-de-France suivent une tendance nationale et enregistrent une nette progression de la consommation de tabac de contrefaçon, passant de presque 0 % à 19,5 % en six ans.
Nous reprenons une information de France 3 Hauts-de-France.
Régulièrement, des individus sont interpellés dans le Nord-Pas-de-Calais pour avoir revendu du tabac illégalement, ou avoir introduit un réseau de trafic de cigarettes de contrefaçon. Il y a tout juste une semaine, le 31 mai, un homme a notamment été condamné à de la prison et à une amende douanière de cinq millions d’euros, pour avoir assuré le passage de tabac de contrebande entre le Luxembourg et la France.
Les Hauts-de-France sont particulièrement touchés par ces réseaux souterrains, qui peuvent coûter cher à votre porte-monnaie et à votre santé. Les risques sont bien plus importants que ceux liés aux cigarettes classiques, en raison d’une quantité de produits nocifs (métaux lourds, plomb…) moins contrôlée, souvent bien supérieure aux taux autorisés.
Des risques qui n’empêchent pas la consommation de tabac de contrefaçon, puisque dans la région, 53,3 % des cigarettes n’ont pas été achetées chez les buralistes, comme le révèle une étude réalisée par le cabinet d’audit KPMG. Dans les Hauts-de-France, 19,5 % des cigarettes fumées étaient de la contrefaçon en 2025.
Rien qu’à Lille, ce chiffre s’élève à 52 % achetés hors buralistes, dont 21,1 % de contrefaçon. La ville de la région qui rencontre le plus grand marché parallèle est Tourcoing avec 59,1 %. Pour ce qui concerne les cigarettes de contrefaçon, Amiens totalise un nombre record dans le territoire, avec 23,4 % l’an dernier.
En France, plus d’une cigarette sur deux serait issue d’un réseau de contrebande. Un chiffre en hausse sur l’année 2025, qui priverait l’État de 10,4 milliards d’euros de recettes fiscales.
Au sein de ce marché parallèle, l’illicite atteint un niveau particulièrement préoccupant. En 2025, près de 21 milliards de cigarettes de contrebande ont été consommées en France, une hausse de 9 %. C’est maintenant trois fois plus qu’au Royaume-Uni et dix fois plus qu’en Belgique. À lui seul, l’Hexagone concentre près de 40 % des volumes illicites consommés dans les 38 pays européens analysés par le rapport de KPMG.
Le poids d’un marché structuré, massif, installé au cœur de la consommation nationale, qui s’est largement implanté dans les Hauts-de-France, au carrefour de l’Europe du Nord et de l’Est. En six ans, la région a enregistré une hausse significative de +19,4 % des marchés parallèles, ainsi qu’une augmentation de +17,8 % de la consommation de cigarettes de contrebande.




