Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
15 Déc 2025 | Trafic
 

L’Andorre et la France, comme surgie du passé, jamais la contrebande à dos d’hommes ne semble s’être aussi bien portée. Et le trafic de cigarettes avec, laissant imaginer que la baisse des ventes observée chez les buralistes n’est peut-être qu’un trompe-l’œil. C’est ainsi que débute un article de Sud-Ouest (du 14 décembre) dont nous reprenons des extraits.

// Habitués à se retrouver dans le quasi-huis clos de leur vieux bourg niché à 1 400 mètres d’altitude, jamais la centaine d’habitants peuplant L’Hospitalet-près-l’Andorre, en Ariège, n’avait connu pareille affluence que lors de cette traditionnelle fête du 11 août. « Voilà deux ans, à la nuit, nous avions soudain vu débouler plusieurs voitures en marche arrière, et plein de mecs sortir de la forêt chargés comme des mules », se souvient le maire. « En quelques instants, ils avaient rempli une vingtaine de véhicules », n’en revient toujours pas Arnaud Diaz.

// Ainsi allait la vie frontalière de l’eldorado de la clope « à pas cher » jusqu’à ce que, l’hiver dernier, l’État ne remette la gendarmerie au centre du village. Et aux portes du voisin andorran.
« Qu’ils viennent de l’Est ou du Maghreb, les trafiquants avaient établi chez nous un véritable camp de base », poursuit-il, inquiet de les voir toujours plus menaçants à son égard.
Vingt ans après avoir été sacrifiés sur l’autel budgétaire sarkozyste, la petite brigade ressuscitée et ses six militaires les ont depuis repoussés aux alentours de ce bout de route nationale, tracé seulement en 1933, que plus de 8 000 conducteurs plus ou moins bien intentionnés empruntent quotidiennement.

// Parmi cette caravane en chemin vers le supermarché à ciel ouvert qu’est devenue la station de ski du Pas de la Case, une noria exponentielle de contrebandiers, par l’odeur du tabac détaxé alléchés.
Trois fois moins cher qu’en France, là où la baisse officielle du nombre de fumeurs n’est peut-être qu’un trompe-l’œil lorsque partout les vendeurs à la sauvette ont pignon sur rue et sur Internet.

Postés au grand jour sur des trottoirs du cours Victor-Hugo, à Bordeaux, ceux-là, d’ailleurs, ont la bosse du commerce bien visible dans le repli de leurs vestes pleines à craquer.
« Psst… Cigarettes, haschich ? » haranguent-ils le passant, en lui annonçant le tarif : 7 euros le paquet de Marlboro, qu’il paiera 13,50 euros chez le buraliste d’en face.

// Si les filières bulgares et marocaines alimentent, elles aussi, le marché noir girondin, les petits ruisseaux pyrénéens font ici comme ailleurs les grandes rivières de la contrebande.
« Nous savons que depuis l’Andorre le trafic irrigue une partie du sud de la France, et même au-delà du Massif central », admet le capitaine Collard, commandant de la compagnie de gendarmerie de Foix.