
Trois hommes, âgés de 28, 32 et 37 ans, étaient jugés par le tribunal du Mans, ce 14 janvier, pour un trafic de tabac, de parfum et de stupéfiants (voir 27 novembre 2024).
L’un des prévenus a expliqué qu’il s’était lancé dans cette activité illicite après un redressement fiscal.
Nous reprenons l’article de Natacha Longeray dans Le Maine Libre.
L’explication a fait sourire la présidente du tribunal Céline Gendrot :
« Vous vendez du tabac en contrebande pour rembourser l’administration fiscale, c’est étrange quand même… »
Face à lui, un homme de 37 ans, bon chic, bon genre, portant un col roulé de marque et des chaussures de ville parfaitement cirées, venait d’expliquer son implication dans un trafic, en raison d’un contrôle fiscal subi au sein de son entreprise.
« Financièrement, c’est compliqué », lâche-t-il. La dette fiscale s’élevait au départ à 40 000 euros. Mais, le prévenu l’assure : « La revente de tabac et de parfum ne lui rapporte pas grand-chose. C’est pour ça qu’il y avait tout ce stock chez moi ! »
À son domicile, lors de la perquisition, les gendarmes ont retrouvé des cartouches de cigarettes et des pots de tabac pour une valeur estimée à 7 689 euros, ainsi que 74 flacons de parfum et 1 700 euros en espèces. « C’est l’argent de la belle-mère », se défend le prévenu, suscitant l’incrédulité de la présidente.
À côté de lui, à la barre du tribunal, son beau-frère, portant un corset et mimant la douleur, reconnaît une dizaine de déplacements au Luxembourg entre janvier 2024 et novembre 2025 pour acheter des cigarettes à moindre coût et les proposer à la revente.
Les parfums, eux, étaient achetés sur le marché noir dans la région parisienne.
« C’est un bureau de tabac, votre domicile ! », lâche la présidente.
Son logement à Thorigné-sur-Dué, où il habite avec femme et enfants, était d’ailleurs connu comme un lieu pour acheter des cigarettes. On lui reproche aussi de proposer, dans une moindre mesure, à « sa clientèle » des stupéfiants.
En plus du tabac pour 3 259 euros à la revente, 39 flacons de parfum, 28 grammes de cocaïne, 350 grammes de cannabis, deux fusils et une carabine ont été saisis à son domicile.
Pour le procureur de la République, cet habitant de Thorigné-sur-Dué, âgé de 32 ans, déjà condamné à six reprises, est « l’élément central de ce dossier ».
« C’est lui qui impulse l’activité, qui donne le mouvement, il est à la manœuvre. »
Outre son beau-frère, il a embarqué dans ce petit trafic « familial » un ami, âgé de 28 ans.
« J’ai commencé à revendre des cigarettes à partir du moment où j’ai été en arrêt maladie », reconnaît ce boucher de nationalité néerlandaise domicilié dans l’Indre-et-Loire. Chez ce dernier, les enquêteurs ont retrouvé du tabac pour 738 € à la revente et des espèces à hauteur de 1 475 euros. « C’est l’argent des heures supplémentaires », se défend celui-ci.
Les trois hommes comparaissaient libres (étant sous contrôle judiciaire) devant le tribunal du Mans ce 14 janvier.
Tous reconnaissent les faits reprochés, tout en minimisant leur implication. Pour maître Jennifer Neveu, l’une des avocates de la défense, « ce dossier, c’est la montagne qui a accouché d’une souris ». « Après un an et demi d’enquête préliminaire, on n’a rien. Ou pas grand-chose », tranche-t-elle.
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné l’habitant de Thorigné-sur-Dué à 18 mois de prison, dont 12 mois avec sursis probatoire pendant deux ans.
Soit une peine de six mois ferme à effectuer, avec mandat de dépôt à effet différé.
Son beau-frère écope de 16 mois de prison avec sursis, tandis que le boucher néerlandais a été condamné à 12 mois de prison avec sursis.
Des amendes douanières ont également été prononcées.




