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18 Fév 2026 | Profession
 

L’accès à l’Andorre depuis la France est coupé depuis le 31 janvier 2026 (voir les 8 et 12 février 2026).
Conséquence économique : les buralistes ariégeois ont vu leurs volumes de vente de cigarettes bondir de 25 %. Un épisode qui traduit une problématique dénoncée depuis plusieurs années par les professionnels du secteur. Nous reprenons le sujet de France 3 Occitanie.

Dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 janvier 2026, 200 mètres cubes de roches se sont effondrés sur la chaussée entre Ax-les-Thermes et Mérens-les-Vals (Ariège). Conséquence : la RN20, principal axe routier pour accéder à l’Andorre, est fermée pour au moins trois mois.

À moins d’un énorme détour, il est donc impossible de rejoindre la principauté depuis la France. Au-delà du trafic, cet incident a de nombreuses conséquences économiques. En effet, près de 9 000 véhicules empruntaient chaque jour la route qui mène au Pas-de-la-Case, premier point d’arrêt une fois la frontière passée. Il offre des tarifs défiant toute concurrence française, notamment sur l’alcool et les cigarettes.

Cinq jours après l’éboulement, une baisse de 70 % des ventes était déjà évoquée par un représentant du secteur commercial au Conseil économique et social du Pas-de-la-Case.
Ce 11 février, l’Andorre a également annoncé une série de mesures immédiates « visant à préserver le tissu économique, à stimuler la mobilité et à renforcer l’information à destination des touristes français ».

En France, la fermeture de la RN20 fait le bonheur des buralistes. Lundi 16 février, la fédération des buralistes a annoncé une augmentation des volumes de 25 % chez les commerçants ariégeois. « On sent bien que dès qu’il y a du mauvais temps du côté de la Jonquera, il y a un afflux de clients qu’on ne voyait pas ou plus. On se dit « mais oui c’est vrai, il fume encore lui ». Ce sont des choses que l’on ressent », explique Christian Faure-Vincent, président de la fédération des buralistes pour le secteur Occitanie.

Le blocage de la route oblige les consommateurs français à acheter dans l’Hexagone, malgré une énorme différence de prix. En effet, le prix moyen d’un paquet de cigarettes est de 13,50 euros en France, alors qu’il est à peine de 4 euros 90 en Andorre.

« Le consommateur, je le comprends tout à fait. Je suis moi-même consommateur, j’ai de plus en plus de mal à pouvoir nourrir ma famille avec mon métier. Je comprends bien que quelqu’un qui gagne sa vie péniblement, c’est normal qu’il aille acheter là où c’est moins cher », confie le buraliste basé à Saint-Pons-de-Thomières (Hérault).

Un épisode qui met en lumière une problématique dénoncée depuis plusieurs années par les buralistes. Pour eux, les prix sont trop élevés : « Il faudrait que tous les prix soient au même niveau, ou sans autant de différence qu’aujourd’hui. En Belgique, le prix des cigarettes a augmenté et n’est plus qu’à un euro d’écart avec la France.
Mes collègues du Nord voient leur chiffre d’affaire augmenter », relate le président Occitanie de la fédération des buralistes.