
Santé publique France a publié, ce 11 décembre, une vaste enquête sanitaire sur l’usage de la cigarette électronique (voir le 12 décembre).
L’agence nationale de Santé publique dresse le portrait des adeptes du vapotage, de plus en plus nombreux malgré des effets sur la santé encore mal connus.
C’est ainsi que débute un article des Echos, signé Julien Boitel, que nous reprenons.
Les vapoteurs français sont-ils majoritairement d’anciens fumeurs ? Une étude de Santé publique France, publiée ce 11 décembre, permet de mieux comprendre le phénomène de la vape dans l’Hexagone.
Arrivées sur le marché français au début des années 2010, les cigarettes électroniques séduisent de plus en plus d’adeptes, selon les données de l’agence nationale de santé publique, basées sur les réponses à un questionnaire de quelque 35 000 personnes âgées de 18 à 79 ans.
L’usage de la cigarette électronique poursuit sa progression.
En 2024, 8,4 % des personnes âgées de 18 à 79 ans déclarent vapoter, 6,5 % quotidiennement. Depuis 2016, la hausse est continue et le nombre de vapoteurs a doublé.
Cette hausse est à mettre en perspective avec la chute du nombre de fumeurs quotidiens, qui a diminué de 4 millions en dix ans, passant en proportion de 28,6 % en 2014 à 18,2 % en 2024.
Ils sont plutôt jeunes. L’usage des cigarettes électroniques est stable entre 18 et 49 ans aux alentours de 8 %, il diminue ensuite avec l’âge à partir de 50 ans chez les hommes, et 60 ans chez les femmes.
Ainsi, les actifs occupés (7,9 %) et les personnes au chômage (7 %) vapotent plus que les retraités (2 %) mais aussi que les étudiants (5,2 %).
Fait notable : « les vapoteurs quotidiens en 2024 ont quasiment tous une expérience avec le tabac : près de la moitié (47,7 %) fument également et la moitié (49,5 %) sont d’anciens fumeurs », relève Santé publique France. Seuls 2,8 % n’ont jamais fumé.
Autres enseignements, les vapoteurs quotidiens sont plus nombreux parmi les personnes percevant leur situation financière comme difficile, voire n’arrivant pas à faire face sans faire de dettes (8,2 %),
que parmi les personnes se déclarant à l’aise financièrement (4,2 %). Le vapotage est ainsi moins répandu parmi les cadres et professions intellectuelles supérieures (5,2 %) que parmi les ouvriers (7,3 %) et les employés (6,6 %).
Santé publique France s’est attachée à montrer les disparités régionales. La Corse (10 %), la Bretagne (9,1 %), la Nouvelle-Aquitaine (7,4 %) et la Normandie (7,2 %) sont les régions où le vapotage quotidien est le plus fréquent. À l’inverse, l’Auvergne-Rhône-Alpes (4,6 %) et le Grand Est (4,7 %) vapotent moins.
Dans les quatre départements et régions d’outre-mer (DROM) étudiés, la cigarette électronique est également moins répandue : Guadeloupe (1 %), Guyane (0,7 %), La Réunion (2,4 %), la Martinique (1,5 %). Des territoires où le nombre de fumeurs est également plus faible (…).
Les cigarettes électroniques « soulèvent de nombreuses questions de santé sur lesquelles il n’y a pas à ce jour de consensus scientifique », explique Santé publique France.
L’agence souligne que leurs effets sur la santé sont « insuffisamment connus », mais rappelle qu’elles émettent « des composés organiques volatils, des espèces réactives de l’oxygène, des furanes et des métaux, connus pour leur toxicité sur les poumons ».
Leur efficacité dans le sevrage du tabac « est toujours débattue », ajoute l’agence sanitaire.
« Les résultats d’observations en population générale sont assez contrastés, la cigarette électronique apparaissant parfois comme associée à la réalisation de tentatives d’arrêt du tabac, mais également à la rechute en cas d’usage prolongé. »




