Dans une longue dépêche, l’AFP annonce la manifestation des buralistes, ce mercredi 5 novembre, devant le Sénat à Paris, pour interpeller les pouvoirs publics, avant le congrès national jeudi, qualifié de « musclé ».
« La manifestation de Tulle lundi, qui a réuni 200 buralistes était une première opération avant une montée en puissance au niveau régional et national dans les jours et les semaines à venir », prévient Pascal Montredon.
Les buralistes, venus de Corrèze et d’une douzaine de départements voisins du Limousin, d’Auvergne ou d’Aquitaine ont en effet exprimé lundi leur « ras-le-bol » contre le projet de paquet générique devant voir le jour en 2016 en France et la hausse prévue au 1er janvier des prix du tabac, deux mesures qui selon eux « menacent directement l’existence de leur profession ».
Mi-octobre, les buralistes réunis en conseil d’administration avaient évoqués des actions à mener dans tout l’Hexagone, « excédés et accablés » par les diverses mesures du gouvernement « contre leur profession ».
Ces mouvements de protestation devraient être ratifiés jeudi et vendredi, lors du prochain congrès annuel de la profession qui se tient à Paris et s’annonce « sous haute tension ». Le secrétaire d’Etat français chargé du Budget, Christian Eckert, y est attendu de pied ferme jeudi après-midi pour y faire une allocation, face à des buralistes « en colère, très remontés et qui en ont ras-le-bol du manque de concertation avec le gouvernement », renchérit M. Montredon.
Les raisons de la colère sont multiples. « L’augmentation encore indéfinie du prix du tabac prévue pour janvier prochain (la quatrième en deux ans, NDLR), l’instauration du paquet neutre en France en 2016, l’augmentation des taxes sur les cigares et cigarillos: depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, nous sommes remontés contre une politique de santé spectacle qui ne fait qu’accroître le marché parallèle », souligne Pascal Montredon.
Mercredi 5 novembre, la fédération des buralistes d’Ile-de-France appelle à son tour à manifester tout au long de la matinée devant le Sénat cette fois-ci, où la commission des affaires sociales examinera le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). « Nous serons devant le Sénat pour dénoncer la probable disparition des cigares et cigarillos du marché français, suite à un amendement adopté à l’Assemblée Nationale », a expliqué la confédération, affirmant qu’« au moins autant de manifestants » qu’à Tulle y sont attendus.
Porté par l’ancienne ministre Michèle Delaunay (PS) et cosigné par des socialistes et des écologistes, cet amendement visant à augmenter les droits de consommation des cigares et cigarillos a été voté le 23 octobre contre l’avis du secrétaire d’Etat au Budget. « Si cet amendement, qui vise à multiplier par 2,5 les prix de ces produits, est appliqué, c’est une activité complémentaire pour les buralistes qui va disparaître », dénonce Pascal Montredon.
Mercredi, « nous appelons donc les sénateurs à déposer et soutenir un amendement de suppression de cet article 12 », lance-t-il.
« L’an dernier, 722 bureaux de tabac ont mis la clé sous la porte. En 2014, ils seront 1.000, soit 2.500 emplois qui vont disparaître en raison de la concurrence déloyale faite par les ventes transfrontalières dans les pays limitrophes où le prix du tabac est moins élevé et le marché parallèle », regrette M. Montredon, qui affirme que « l’Etat est en train de (les) lâcher ». Plusieurs études estiment à 20% au moins, la part des cigarettes fumées en France et qui n’ont pas été achetées dans le réseau officiel des buralistes.




