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24 Jan 2017 | Trafic
 

Encore une affaire qui nous révèle les mille et un détours menant à l’approvisionnement du marché parallèle. Avec à la clé une décision de justice surprenante à la lumière des faits que nous rapporte L’Union du 23 janvier.

•• C’est lors d’une enquête sur un trafic de stupéfiants, par le biais d’écoutes téléphoniques, que les gendarmes ont dévoilé le pot aux roses (ou à tabac, si l’on ose dire).

Entre janvier 2014 et avril 2015, un ressortissant arménien de 24 ans, travaillant dans un restaurant de Châlons-en-Champagne, se faisait envoyer tranquillement par la poste du tabac venant de son pays. D’après les gendarmes, 200 cartouches de Marlboro et de Winston. Achetées 11 euros pièce par son oncle en Arménie. Et revendues 35 euros à des clients du restaurant ou … ailleurs.

Car outre l’aide de sa compagne, le petit trafiquant s’appuyait sur deux revendeurs.

•• Les faits ont été examinés au tribunal, le 14 octobre dernier.

« Mon bénéfice était de 5 euros par cartouche, entre 150 et 200 euros par mois. Je renvoyais tout le reste en Arménie » a raconté le prévenu. Sans plus d’explications sur ces virements de plusieurs milliers d’euros vers l’Arménie, constatés sur les comptes de sa compagne dont l’Audi A 3 a été saisie pendant l’enquête.

Quant à la compagne en question, elle nie avoir participé à un trafic dont elle aurait eu seulement connaissance : « j’ai récupéré des colis à la poste et c’est tout. Je me suis même engueulée avec mon copain quand j’ai refusé de le dépanner et de donner des cartouches à l’un de ses clients ».

Son premier revendeur s’avère un père de famille de 42 ans – « gros fumeur » – qui a aussi donné son adresse pour recevoir directement des colis de cartouches venant d’Arménie.

Le second est entré dans la combine pour faire bénéficier des amis de « son bon plan ». Tout concorde pour laisser à penser que nous avons affaire à un trafic bien organisé et qui a pu porter sur un volume plus important que ce qu’a pu révéler l’enquête. Et cela, grâce aux prestations postales. À Châlons-en-Champagne…

•• Mais le procureur n’a requis que des peines d’amende : 80 000 euros pour taxes et droits de douane non acquittés.

« Des sommes faramineuses » s’exclame l’avocat de l’Arménien. « On ne va pas arrêter toutes les épouses parce que le père de leur enfant a décidé de franchir la ligne blanche ! » a plaidé l’avocat de sa compagne.

Les avocats des revendeurs ont plaidé pour la relaxe dans la mesure où les chefs de prévention n’étaient pas démontrés.

•• Le verdict est tombé la semaine dernière : un peu plus de 40 000 euros d’amendes et de pénalités pour le principal prévenu.

Relaxe et restitution du véhicule pour sa compagne. 9 000 euros pour le premier revendeur. 1000 euros pour le deuxième.