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9 Août 2012 | Pression normative
 

Dans le débat qui commence à poindre sur les paquets génériques, une étude est fréquemment citée par les anti-tabac. Publiée en mai 2011, elle s’ intitule « Perception de l’efficacité des paquets de cigarettes standardisés ». Elle a été conduite par Karine Gallopel-Morvan (chercheuse en marketing social à l’université de Rennes ) et co-signée par Emmanuelle Beguinot, Figen Eker et Yves Martinet (du CNCT) ainsi que par David Hammond (chercheur canadien).

Il convient d’analyser cette étude, ses modalités et ses limites.

• La méthode d’abord : l’étude confiée à un institut de sondage (LH2), en novembre 2008, repose sur un échantillon de 836 Français fumeurs et non-fumeurs. Ce qui est suffisamment représentatif pour une étude … parmi d’autres. Elle ne saurait cependant suffire, à elle seule, pour tirer des conclusions absolues concernant l’ensemble de la population.
Les sondés ont été simplement interrogés, en face à face, à leur domicile. L’étude ne repose donc pas sur des situations « de la vraie vie » : au moment de l’achat chez un débitant, par exemple, ou lors de réunions de groupes  composés de fumeurs et non-fumeurs.
On notera aussi qu’il n’y a pas de moins de 18 ans, dans l’échantillon. Dommage, car l’un des principaux objectifs des paquets génériques consiste justement à détruire toute attractivité du tabac auprès des mineurs.

• Les résultats portent sur les simples déclarations des sondés, auxquels on a présenté un « paquet standardisé gris » et le paquet de la marque la plus vendue en France, à l’époque (sans les photos-choc, donc). Et ces résultats sont à la fois « attendus «  et nuancés.
Ainsi, le paquet standardisé gris est « terne » (pour 77% de l’échantillon), « ne donne pas envie d’être acheté » (66% ; mais seulement 62% pour les fumeurs) mais en même temps, il est considéré par certains comme « attirant l’attention » (31 %) et même « donnant envie d’être acheté » (17% ;  20% des fumeurs). Sachant que plusieurs réponses pouvaient être apportées.
Si 60% de l’échantillon pensent que le paquet gris « inciterait les fumeurs à arrêter » , ils sont 30% à estimer que ni le paquet actuel, ni le paquet gris ne sont susceptibles d’inciter à l’arrêt (33,5% parmi les fumeurs).
Nous sommes loin d’un « raz-de-marée » en faveur des paquets standardisés.

• Rappelons que Karine Gallopel-Morvan avait ardemment prôné les photos-choc, en son temps. Le 4 juin 2008, elle affirmait, dans Libération : « Les photos frappantes améliorent les connaissances des fumeurs sur les différents méfaits du tabac. Elles leur donnent envie d’arrêter ou les incitent à ne pas commencer ». On ignore si Karine Gallopel-Morvan va entreprendre une  étude pour vérifier ses affirmations.

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