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6 Jan 2017 | Profession
 

« La pilule ne passe pas » … depuis la généralisation du paquet neutre ce 1er janvier. Poursuite de notre tour de France de réactions (de plus en plus) vindicatives. 

• Philippe Coy (président de la chambre syndicale des buralistes de Béarn et Soule et vice-président de la Confédération) dénonce, dans L’Éclair de ce 5 janvier, « un excès de zèle de la ministre de la Santé, par rapport aux directives européennes, qui ne sert à rien.

« On n’observe aucune baisse de la consommation chez nos clients, idem donc pour notre chiffre d’affaires. Par contre, on met deux fois plus de temps à gérer notre stock. La durée du service aux clients s’est également allongée. Heureusement qu’ils sont compréhensifs ! 

« Les autres pays suivent la directive européenne.  On est les seuls à aller au-delà. Les gens ne vont pas s’embêter et iront acheter à l’étranger ».

Certains de ses clients préfèrent en rire : « il faut arrêter de nous prendre pour des enfants. On sait ce que l’on achète. Et ce n’est pas des photos plus grosses qui changeront la donne … »

• Philippe Têtard (président de la chambre syndicale des buralistes de la Meuse) dans L’Est Républicain du 4 janvier : « Moins de confort, ça complique beaucoup notre travail. On n’arrive plus à s’y retrouver dans les rayons entre toutes les marques. Avant, quand je recevais une commande, je passais trois heures à tout ranger. L’autre jour, il en a fallu quatre à deux personnes. Les clients doivent s’habituer. Au départ, ils nous disent qu’on s’est trompé, on prend le temps de leur expliquer. À la longue, ça ira.

« On a manifesté, multiplié les recours, proposé des tractations, rencontré les politiques, rien n’y a fait. Apparemment, le commerce de proximité ne les intéresse pas ».

• Un buraliste de Chaumont témoignant dans Le Journal de La Haute-Marne du 5 janvier : « le hic, c’est que les buralistes ne savent pas quand ils seront remboursés de leurs stocks renvoyés. On nous avait parlé d’un délai de trois mois. Maintenant, il est question de six mois ».

• Michel Sergent (secrétaire de la chambre syndicale des buralistes de Haute-Saône) dans L’Est Républicain du 5 janvier, « ça ne freine pas les fumeurs, mais ça va favoriser le marché parallèle. Les gens vont à l’étranger, par exemple au Luxembourg, pour acheter du tabac moins cher. Le paquet neutre n’existe pas là-bas. Cela ne va pas dissuader les jeunes qui sont déjà sur le marché parallèle. Il faudrait que les fabricants fassent des produits « écolo », sans agents de texture qui rendent dépendant. Il faudrait faire du tabac neutre, pas des paquets neutres ».

• À Châlons-sur-Marne. « Aujourd’hui nous devons affronter les difficultés de devoir vendre des produits très différents avec des dizaines de références qui se ressemblent toutes » explique un buraliste dans L’Union du 5 janvier. « Il faut avoir l’œil, les premiers jours c’était une véritable galère. Il fallait plusieurs secondes pour trouver le bon paquet. Il est même arrivé de se tromper », confie un confrère.

« Dans les cartons, toutes les cartouches sont mélangées et rien n’apparaît clairement. C’était devenu un vrai casse-tête. Une fois les cartouches déballés, il faut les ranger en réserve et mettre les paquets en rayons… toujours le même problème. Alors qu’il nous fallait 2h30 pour gérer une livraison, il nous faut maintenant presque 6 heures », explique, agacé, le gérant d’un tabac-presse qui a investi, depuis, dans une douchette scanner, « sans compter, les horreurs que l’on nous impose à longueur de journée sur ces paquets, ce n’est pas facile de travailler avec ça sous les yeux en permanence. C’est pourquoi je retourne les paquets dans mes rayons ».