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18 Août 2025 | Profession
 

Les paris hippiques sont en chute libre. PMU, le premier opérateur hippique d’Europe, voit fuir ses parieurs avec 6,6 milliards de mises en 2024, une baisse de 2 % sur un an. Cette année n’est pas synonyme de reprise puisque l’opérateur subit une nouvelle baisse des paris de 4 % depuis le début de l’année. Pour faire face, le gouvernement a annoncé mercredi 13 août un « Pacte PMU 2030 ». L’objectif est de changer la gouvernance et le statut de groupement de l’opérateur afin de retrouver la croissance (voir le 14 août). C’est ainsi que débute un sujet de Arthur Fradin, sur France Info le 14 août, que nous reprenons.

Les « turfistes », les adeptes des paris hippiques, sont eux très critiques contre le PMU. Beaucoup ne s’y retrouvent plus.
Exemple au Zorba, petit troquet parisien rempli d’habitués des courses.
« Les gains sont trop faibles, tout simplement, regrette Gérard, turfiste historique. Avant on pouvait mettre 30, 40 voire 50 euros mais aujourd’hui, cela ne vaut plus du tout le coup. Je place trois ou six euros par course. Il faut être maso pour jouer plus. »
Djamel, petit canotier sur la tête, approuve les mots de Gérard. « En 1996, j’avais gagné l’équivalent en francs de 15 000 euros. Aujourd’hui, ça serait des gains de 1 000 euros, peut-être. Tout est fini. Il y a trop de courses, trop d’enjeux. On ne sait plus où aller. »
Les paris sur le football ont davantage la cote chez les jeunes.

Certains parieurs n’ont plus confiance en l’opérateur. Les accusations de tricherie vont bon train dans le troquet. « Si le favori a 200 000 euros de paris, on peut lui dire d’aller à la faute pour partager les gains », suggère l’un des parieurs. En plus de ces gains en nette diminution qui n’attirent plus autant selon eux, il y a aussi une rupture générationnelle.

Dans ce bar-PMU, seul Junior fait partie de la nouvelle génération et ce n’est pas un habitué des courses hippiques. « Tout le monde s’est tourné vers les paris sur le foot, sourit le jeune homme, maillot du Paris Saint-Germain sur les épaules. Avec le football et le tennis, aujourd’hui, tu as plus de chances de gagner. J’ai déjà gagné 5 000 euros et 10 000 euros. Là, les chevaux, c’est beaucoup plus technique. C’est plus un truc des anciens, nous la plupart du temps, on perd. Donc ça ne motive pas vraiment. »

Le Zorba estime avoir perdu un tiers de ses parieurs sur les chevaux en six ans. Le bar a d’ailleurs décidé de miser davantage désormais sur les soirées et l’activité boisson pour compenser cette perte.

De son côté, l’Association nationale des turfistes estime que le retour du cheval au premier plan passerait par une meilleure exposition notamment sur les grandes chaînes télé.