
Réunis en assemblée générale, les buralistes mosellans alertent sur la montée des ventes illégales de cigarettes, en particulier dans certains commerces et sur les réseaux sociaux. Ils appellent l’État à renforcer les contrôles et les sanctions.
Nous reprenons l’information de ICI Moselle (sous la plume de Emma Voglimaci).
Sous un chapiteau, à La Grange Condé, à Condé-Northen, environ 170 personnes se sont rassemblées ce dimanche 19 avril pour assister à l’assemblée générale de la Fédération départementale des buralistes de la Moselle. Au menu : la vente de cigarettes illégales et la prolifération des trafics qui impactent leur commerce.
Lunettes de soleil sur la tête, Alexandre profite du soleil avant la réunion. Malgré le beau temps, ce buraliste est en colère : « Ce n’est pas normal. »
À côté de son bureau de tabac, dans une petite commune proche d’Amnéville, un bar vend des cigarettes issues du trafic illégal.
« C’est écrit en gros sur l’établissement qu’ils vendent des Marlboro, des Winston, quatre euros moins cher que dans mon établissement », s’agace Alexandre. Selon lui, les paquets viennent du Luxembourg et proviennent d’un trafic illégal. « Les bars doivent acheter leurs cigarettes au point de vente le plus proche, explique-t-il. Le point le plus proche, c’est moi, et on ne les a jamais vus ! »
Le bar a déjà été contrôlé, mais jamais fermé plus d’une journée, et la pratique continue. Le buraliste subit la concurrence des bars, des épiceries, mais aussi de la vente sur internet.
« J’ai un fils de 17 ans. Il a des copains qui sont aussi mineurs et pourtant, ils arrivent à trouver leurs cigarettes sur Snapchat, sur Facebook ou sur n’importe quel site. Quelqu’un est prêt à leur livrer à domicile à n’importe quelle heure de la journée », se désole ce père.
Une concurrence de plus en plus forte à mesure que l’on s’approche de la frontière. « Sur les tables, en terrasse, il y a presque un paquet sur deux qui passe par ces réseaux-là », s’agace un buraliste de Clouange (Moselle).
Le Mosellan voit donc ses ventes de cigarettes diminuer. Il est obligé de diversifier son activité : « On propose différents services : la Française des Jeux, La Poste, une épicerie, des boissons à emporter », explique-t-il.
Frédéric, comme Alexandre, souhaite que l’État apporte des solutions.
Antoine Palombo les représente à l’échelle départementale (ndlr : il vient de passer la main à Jean-Michel Sévérini). Pour lui, plusieurs problèmes doivent être soulevés : le prix du tabac en France, trop élevé par rapport aux pays frontaliers, mais aussi le manque de sanctions. « On doit avoir des sanctions plus fermes, plus rigoureuses, parce que si on est trop laxiste, ils ne font que recommencer », insiste-t-il.
Le président des buralistes de la Moselle demande également à l’État davantage de moyens pour les douaniers afin de stopper les trafics à la frontière.
(Voir aussi les 4 septembre 2025 et 31 mars 2025)




