
Trois fonctionnaires ont été interpellés dans le cadre d’une vaste enquête douanière. Certains d’entre eux sont suspectés d’avoir pris part à un trafic de cigarettes de contrebande.
Une affaire de corruption présumée bien embarrassante pour la police municipale marseillaise.
À moins de deux semaines du scrutin municipal, trois fonctionnaires ont été interpellés et placés en garde à vue pour des soupçons de trafic de cigarettes et de vêtements, a appris Le Figaro de sources concordantes.
Ces policiers municipaux ont été « serrés » par des douaniers de l’Office national anti-fraude (ONAF) dans les quartiers nord de la cité phocéenne. D’après une source, les agents agissaient sur le célèbre marché du Soleil, situé dans le centre-ville de Marseille. Les douanes judiciaires semblaient travailler depuis plusieurs semaines sur le cas des fonctionnaires de la base centre (le commissariat situé à proximité du centre-ville).
« Le chef du marché les sollicitait en direct lorsqu’il avait des soucis.
Ils traitaient les doléances et se servaient en guise de récompense », fait savoir une source proche du dossier, qui précise que les agents ne se seraient pas contentés de garder le tabac mais bien de le revendre à des fins lucratives.
Les trois policiers ont été interpellés ce et placés en garde à vue dans la foulée.
« La justice est saisie et les agents sont suspendus à titre conservatoire par la Ville de Marseille », indique la municipalité au Figaro. Selon des sources concordantes, l’un des policiers municipaux mis en cause par l’enquête des douanes judiciaires était déjà dans le viseur de sa hiérarchie pour des problèmes de comportement et s’apprêtait à être sanctionné.
Une fonctionnaire de la préfecture des Bouches-du-Rhône aux agissements suspects est également mis en cause par la justice dans ce dossier tentaculaire.
Cette dernière et les trois policiers municipaux sont désormais mis en cause pour des faits de « corruption active », de « corruption passive » et de « trafic d’influence », indique le parquet de Marseille dans un communiqué. Dans l’attente de leur procès qui se tiendra en juin prochain aux côtés de nombreux autres prévenus, ils ont été déférés et placés sous contrôle judiciaire avec une interdiction d’exercer leur métier.
« Ce sont les conséquences de ces recrutements.
On voulait plus de policiers, on en a », déclare une source interne à la police municipale, évoquant sans détour ces nombreuses brebis galeuses qui auraient intégré les brigades de la police municipale marseillaise ces dernières années. En février dernier, un cadre de la « PM », considéré comme le « numéro 2 » de l’institution, avait été mis à pied pour avoir été contrôlé en excès de vitesse loin de Marseille au volant de son véhicule de fonction.
(Voir aussi les 27 et 19 février)




