
Au cœur du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), l’heure est grave.
Étienne Mendy, buraliste de 53 ans, est le président de l’association des commerçants du quartier. L’homme se dresse à nouveau en première ligne d’une bataille qui l’oppose à un ennemi insaisissable : le trafic de cigarettes de contrefaçon, vendues à la sauvette.
Installé ici depuis 2002, il voit son commerce s’effriter jour après jour. Son débit de tabac est victime d’une concurrence illégale. Elle a littéralement explosé ces dernières années. « C’est devenu un vrai fléau », confie-t-il, les traits tirés. « J’ai l’impression de me battre contre des moulins à vent. » C’est ainsi que débute un sujet de 78 Actu, publié le 2 août et signé Frédéric Pinchon, que nous reprenons.
Les chiffres qu’il avance sont éloquents. Entre 2014 et 2025, son chiffre d’affaires sur le tabac a fondu de plus de 40 % !
L’exemple le plus flagrant est celui des cartouches de cigarettes, autrefois écoulées à une cinquantaine par jour. Le buraliste n’en vend plus désormais qu’une quinzaine…
Cette dégringolade a une cause bien précise : la contrebande ! Alors que les paquets officiels sont désormais uniformes et noirs, les fausses cigarettes sont vendues dans des emballages colorés.
Ils reprennent les anciens codes graphiques des marques. Écoulés sur le marché noir à environ 6 euros le paquet, contre 12 à 13 euros chez un buraliste, ces produits attirent une clientèle en quête de tabac à prix cassés (…)
« Le trafic a explosé avec la pandémie. C’est une double peine pour nous. On perd du chiffre d’affaires et la France aussi. Un paquet de cigarettes est en effet taxé par l’État à hauteur de 84 % », précise Philippe Alauze, président de la région Île-de-France des buralistes (…)
Une campagne de sensibilisation est en cours. Les buralistes sont invités à collecter les paquets de contrefaçon colorés. « C’est une façon de montrer à l’opinion publique l’étendue du fléau », explique Philippe Alauze.
Pour Étienne Mendy, il ne s’agit pas seulement d’une question de survie économique. C’est une question de justice, d’équité et de sécurité pour la communauté des fumeurs.
Car l’enjeu est de taille : préserver son commerce, mais aussi alerter sur les risques d’un marché noir qui gangrène la société. Et la prochaine bataille ne se jouera pas seulement dans les allées du Val Fourré.




