Psychologiquement très difficiles à encaisser, les lendemains de braquage posent la question récurrente des moyens de les prévenir … Ce mercredi 28 octobre, deux médias de la presse régionale se sont penchés sur le problème, auprès de buralistes pas tout à fait « résignés ».
•• Dans Le Progrès, la buraliste de Fonsala (Saint-Chamond, Loire), braquée le vendredi précédent (voir Lmdt du 25 octobre), explique qu’elle vit depuis avec la peur au ventre et se fait accompagner par un ami qui reste avec elle dans la boutique : « ils ont molesté deux clientes du magasin et pointé un pistolet sur la tempe de mon employée pour qu’elle ouvre la caisse. Ça marque ! ».
« J’ai déjà été braquée en février 2009. J’ai aussi subi deux cambriolages », explique-t-elle, « c’est dur à chaque fois de retrouver l’envie d’y retourner. Mais si je me suis levée le lendemain pour ouvrir la boutique c’est que j’y crois encore ». Echaudée par le premier braquage, la commerçante possède pourtant une installation vidéo, un interrupteur pour bloquer la porte et déclencher une alarme, « mais les faits se passent tellement vite (…) Je suis persuadée qu’ils me connaissaient bien et qu’ils venaient acheter leurs cigarettes régulièrement et qu’ils sont peut-être revenus depuis le braquage. C’est aussi très stressant ».
« Je travaille 13 heures par jour, et certains viennent tout ruiner en deux minutes » constate-t-elle avec dépit, « difficile de trouver des solutions. Il est sûr qu’une meilleure police de proximité rendrait bien des services ». Parce qu’en l’occurrence, la vidéo-surveillance de la ville n’a rien capté d’exploitable …
•• À Soissons (Aisne), les buralistes ne sont pas non plus convaincus de l’utilité des systèmes de vidéo-surveillance de la ville et parent aux agressions à leur façon, selon des témoignages recueillis dans L’Union.
• « Je ne pense pas qu’il y ait vraiment de solution. Pour moi, les braquages ou les vols sont inhérents à notre profession. Personnellement, j’ai la chance d’avoir beaucoup de passage devant chez nous avec Carrefour City qui ferme à 22 h. C’est assez dissuasif » (tabac-presse La Civette) ;
• « Nous ne sommes jamais seuls pour la fermeture et nous enlevons régulièrement l’argent de nos caisses dans la journée » (tabac-presse-PMU Le Lamartine) ;
• « On sait que ça peut arriver, il faut faire avec. Je suis prudente, fais attention à tout et possède un chien et une caméra » (buraliste depuis 19 ans et demi et victime de plusieurs agressions) ;
• « C’est un risque, puisqu’il y a de l’argent en jeu, mais bon, maintenant je travaille avec mon beau-frère. Je ne suis jamais tout à fait seul » (un buraliste victime de deux méfaits : en novembre 2014 quatre jours après son installation puis en février 2015).




