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17 Avr 2026 | Associations, Profession
 

L’Indre compte 120 buralistes. Une profession qui a beaucoup diversifié son activité ces dernières années. Ses représentants dans le département ont pu faire remonter leurs doléances, dans le cadre d’une grande consultation nationale. Nous reprenons l’information de Ici matin Berry (Manon Klein et Antoine Lifault).

Quel avenir pour les buralistes ? Quelles sont leurs difficultés ? Une vaste consultation est lancée (voir 16 février 2026 et 27 mars 2026).

Ce 15 avril, le président national de la Confédération des buralistes était dans l’Indre, à Châteauroux. C’est l’une des 12 étapes de son tour de France pour recueillir les doléances et remarques de la profession. Une consultation qui aura lieu aussi en ligne à partir du mois de juin pour que tous les buralistes puissent s’exprimer directement. La synthèse de l’ensemble de ces remontées sera remise au Gouvernement le 13 novembre prochain, lors du congrès des buralistes, afin de nourrir les discussions en vue du prochain protocole d’accord entre l’État et la profession en 2027.

L’Indre a été choisie notamment pour son caractère rural :

plus de 60 % du réseau de buralistes se trouve dans des communes de moins de 3 500 habitants.

La lutte contre les marchés parallèles fait partie des principales doléances de la profession, dans le département comme dans le reste de la France.
Le représentant des buralistes dans l’Indre, Nicolas Pinot (1er juin 2023), explique que la profession est fragilisée aujourd’hui par le marché parallèle du tabac : « Il y a un prix [du paquet de cigarettes] qui fait qu’on a un marché parallèle qui ne touche pas que les villes, mais qui nous touche aussi chez nous, dans l’Indre, et le gars qui débarque ici avec une valise remplie de cartouches, il pète en deux le chiffre d’affaires d’un bureau de tabac. »

Le président de la fédération des buralistes dans l’Indre distingue deux types de marchés parallèles : le particulier qui ramène des cartouches pour lui et ses amis.

Et les réseaux plus organisés de criminalité, qui souvent vendent aussi de la drogue, « et qui vendent des cigarettes parce qu’ils savent que la punition pénale est moins forte », explique Nicolas Pinot.
Le Berry n’est en effet pas épargné : dernièrement un important réseau de vente de cigarettes contrefaites a été démantelé dans le secteur de Vierzon. Plus de 13 000 paquets de cigarettes saisis, 2 kilos de résine de cannabis, plus de 28 000 euros en liquide, des armes, des munitions, ou encore du matériel informatique.

Une étude permet d’estimer les conséquences financières de ces marchés parallèles de tabac : 5 milliards d’euros de pertes fiscales par an pour l’État et 700 millions d’euros de recettes en moins pour le réseau de buralistes, expose le président de la Confédération nationale des buralistes, Serdar Kaya.

Face à cette problématique, il demande une harmonisation de la fiscalité sur le tabac pour l’ensemble des pays européens.

Si les buralistes vendent moins de cigarettes, c’est aussi parce que le nombre de fumeurs baisse en France.

« Le tabac c’était notre revenu principal, aujourd’hui on est vraiment obligés de faire d’autres choses à côté », reconnaît Nicolas Pinot. La situation est variable d’un établissement à l’autre, mais le représentant des buralistes dans l’Indre estime que globalement, cette activité représente souvent moins de la moitié des revenus des buralistes.

Pour vivre, ces professionnels proposent d’autres services (colis, paiements de facture dans des points de contact de proximité, supérette…).

Dans l’Indre, 80 % des bureaux de tabac sont des bureaux dits « humides », c’est-à-dire des bars-tabac. Des tâches très diverses, « ce qui complexifie un petit peu le boulot, c’est pour ça qu’on peine à recruter en milieu rural », estime Nicolas Pinot.
Et c’est là un vrai enjeu : on compte 120 buralistes dans l’Indre, un chiffre qui commence légèrement à baisser, avec des départs à la retraite sans repreneurs dans certains cas.