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4 Avr 2025 | Trafic
 

Ce 2 avril, à partir de 21 heures 30, une quarantaine de douaniers et de policiers ont fondu sur plusieurs sites dAsnières « identifiés ». Des sites synonymes de trafics de tous les jours, de délinquance du quotidien.

Objectif affiché : lutter contre les vendeurs de cigarettes à la sauvette, le trafic de médicaments, la contrebande de tabac, éventuellement les stupéfiants, la vente de tabac dans les épiceries et/ou les bars à chicha, etc. Récit du Parisien.

Il aura fallu une semaine aux Douanes et au commissariat pour monter cette « opération coordonnée », que le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, entend reproduire : « il sagit bien de restauration de la sécurité du quotidien. Elles ont un effet sur le public qui veut voir des bleus dans la rue. Lintérêt va au-delà du bilan »

•• Première cible, la gare routière et le métro Gabriel-Péri, un spot de vente de cigarettes à la sauvette. « On a tapé tellement fort que les ventes se sont écroulées et nont pas repris. On pensait que lactivité repartirait après le Ramadan mais cest calme », prévient le commissaire d’Asnières.

Les caméras de vidéosurveillance ont bien localisé un vendeur mais quand l’escouade débarque, l’oiseau s’est envolé. Les contrôles se soldent par deux consommateurs interpellés, un peu d’herbe, quelques cigarettes de contrebande et une demi-plaquette de Tramadol, un puissant antidouleur.

•• Un peu plus tard, les troupes investissent la société de stockage Shurgard, sur les quais de Seine. « On y a défait quelques affaires, des cigarettes, du tabac, des contrefaçons de parfum mais pas de stups », détaille le commissaire d’Asnières.

Sur 800 box,10 bien identifiés auront les honneurs de Tilt et de Stock, les deux labradors des Douanes. Le premier repère la drogue, son compère le tabac. Il faut attendre le dernier box pour que Stock « marque » et gratte furieusement devant le rideau métallique.

Un coup d’œil par-dessus et le verdict tombe : il renferme des éléments et des cartons de tabac à chicha. Reste à ouvrir le box, le temps de requérir deux civils aperçus dans un couloir pour servir de témoins puis de forcer le rideau avec des coupe-boulons …

« Ces sociétés sont très pratiques pour les trafiquants » analyse Joseph Venzal, Directeur régional des Douanes Paris Ouest, « ce sont des sortes de nourrices anonymes et confortables qui évitent aux trafiquants davoir trop de marchandise sur eux. »

•• Tandis qu’une équipe boucle cette procédure, le gros des troupes bouge. Cette épicerie, située non loin, suspectée de vendre des cigarettes ? « Plusieurs fois contrôlée, plusieurs fois verbalisée », résume un douanier. Les clients sont méthodiquement fouillés. À l’intérieur, calculette à la main, un douanier recense tout ce qu’il trouve. Les trois paquets de cigarettes, 26 de snus (tabac à sucer interdit en France), et les 118 pots de 50 grammes de tabac à chicha, soit près de 6 kilos sont saisis. 

« Vous serez convoqués la semaine prochaine », lance un policier au gérant, absent mais en ligne avec son employé. « Pas de souci », répond le patron de la boutique. « Il y a tout le temps des descentes. On a lhabitude, on se connaît » soupire un employé avec bonhomie, « pourquoi s’énerver ? Ce nest que du tabac. Si on en vend cest parce quil y a une demande. Même à plus de 3 heures du matin, on vient nous acheter des clopes … »

•• Et puis les « bleus » en civil, reconnaissables à leur brassard orange Police ou Douane  inspectent et fouillent trois bars à chicha. Tabac, alcool, drogue ? RAS ce soir.

« Tout ce quon saisit est détruit, rappelle Joseph Venzal. Nous sommes la police des marchandises. Les fraudeurs ont de limagination et nous poussent à nous réinventer » En 2024, sa Direction , qui couvre les Hauts-de-Seine, les Yvelines et le Val-dOise, a mené 612 affaires en matière de trafics de tabac et saisi 9,1 tonnes de cigares, cigarettes et tabac. Photo : LP Olivier Bruneau