Les jeux d’argent sont une activité des buralistes pour laquelle ils sont autorisés à faire de la publicité. La communication autour des gains empochés par leur client est donc primordiale. Enquête du Figaro (daté du 27 septembre).
C’est dans un petit bar-tabac de Montrouge (Hauts-de-Seine), que la chance a souri à un joueur. Début septembre, le gérant a reçu la visite d’un commercial FDJ pour lui apprendre qu’un de ses clients avait remporté cet été 22 millions d’euros au Loto.
•• De quoi, surtout, attirer les envieux et donc de nouveaux joueurs pour ce buraliste. Pour le moment, il n’y a pas encore d’« effet gain » sur le chiffre d’affaires du buraliste. L’annonce ne date que d’une dizaine de jours et, surtout, « nous n’avons pas encore reçu l’affiche », confie-t-il. Car dès deux cents euros de gain, la FDJ envoie automatiquement aux commerçants des affiches pour mettre en avant les montants gagnés par les joueurs.
« En bon chef d’entreprise », un buraliste à Chaumes-en-Retz (16 kilomètres du Pornic, Loire-Atlantique), le reconnaît : la communication autour des jeux d’argent « est primordiale », car la publicité sur d’autres de ses produits, les cigarettes en tête, est interdite.
« La FDJ communique déjà énormément à la télévision ou sur internet », mais dès qu’un gain important est empoché, le commerçant en fait la promotion « via Facebook », en postant sur le groupe de sa commune. Sa seule contrainte, imposée par la loi : ajouter une mention « Les jeux d’argent et de hasard peuvent être dangereux : pertes d’argent, conflits familiaux, addiction … retrouvez nos conseils sur joueurs-info-service.fr (09 74 75 13 13 – appel non surtaxé) ».
•• Car les bars-tabacs ont un rôle de premier plan pour la FDJ, toujours d’après Le Figaro. C’est dans ces commerces de proximité que sont vendus la majorité des jeux à gratter, tickets de Loto, ou autres formats tel que le célèbre Keno. Il n’existe d’ailleurs « quasiment pas de buralistes qui ne vendent pas de jeux d’argent » témoigne Sandra Diniz, présidente de la Fédération des buralistes du Loiret.
La concurrence est rude, et il faut donc soigner sa réputation. « C’est sûr que si les clients perdent sans arrêt, ils vont arrêter de venir chez nous », concède le buraliste de Montrouge. Mais l’effet euphorique post-Jackpot ne persiste jamais longtemps : « cela dure en moyenne deux, ou trois mois, même si on recrute toujours de nouveaux clients après un gain important », constate-t-il.




