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11 Jan 2023 | Trafic
 

La différence de prix du tabac entre la France (plus de 10 euros) et le Luxembourg (5,50 euros) motive le passage à l’acte de nouveaux trafiquants en herbe, de plus en plus nombreux à revendre de l’autre côté de la frontière de la marchandise achetée en grande quantité au Grand-Duché.

Une dynamique qui oblige les autorités françaises à se montrer vigilantes … commente le média luxembourgeois L’Essentiel,  suite à la saisie de 105 kilos de tabac sur l’A4 en Meurthe-et-Moselle (voir 10 janvier). La conclusion de l’article est révélatrice.

•• La marchandise a été achetée au Luxembourg, suivant un mode opératoire récurrent consistant à se fournir dans une ou plusieurs stations du Luxembourg avant de transporter les produits vers la France, où l’ensemble sera revendu au détail.

« Les saisies de tabac du Luxembourg, mais également de Belgique, c’est presque toutes les semaines. Il s’agit de contrôles aléatoires, mais pas de dénonciations. Ce type de saisie ne constitue pas le cœur de notre activité, mais lorsqu’on se retrouve face à une telle situation, on fait le travail » explique un gendarme qui a participé à l’opération. En clair, la gendarmerie n’effectue pas forcément un travail d’enquête aboutissant à ces prises : il ne s’agirait pas d’un secteur chapeauté par le crime organisé, mais plutôt de « petits trafiquants locaux qui cherchent à augmenter leurs ressources », selon le militaire interrogé.

•• La frontière luxembourgeoise est relativement proche, ce qui crée l’opportunité. « Des personnes qui réclament de grandes quantités ? Cela arrive. Même si nous avons fixé des limites de vente », glisse le responsable d’une grande station luxembourgeoise à la frontière française. Une décision prise en interne, qui ne répond à aucune obligation légale.

Pour la loi luxembourgeoise, un client peut acheter la quantité qu’il souhaite et aucun seuil n’impose au débiteur de lui refuser la vente. C’est au moment où la personne passe la frontière française qu’elle se retrouve en infraction si elle dépasse les quotas.

•• Une lutte efficace contre ces trafics consisterait à associer les autorités luxembourgeoises, mais la collaboration n’est pas aussi fructueuse que dans d’autres domaines. « Pour notre part, il n’y a pas d’échange particulier. Peut-être que les Douanes le font », glisse le gendarme français. Interrogée sur le sujet il y a plusieurs mois, l’administration des douanes et accises luxembourgeoise considérait qu’il n’était pas de son ressort d’effectuer des contrôles de personnes qui exportent  du tabac en France.