La semaine dernière, nous rapportions les propos de Laurent Nunez (Préfet de Police de Paris, ancien secrétaire d’État à l’Intérieur) qui, lors d’une audition au Sénat, a parlé avec clarté de l’existence de liens entre un certain nombre de commerces bien identifiés (des épiceries vendant du tabac notamment) et les activités de blanchiment d’argent au service d’intérêts mafieux (voir 16 avril).
•• Le week-end dernier, Michael Delafosse, maire (PS) de Montpellier, n’y est pas allé par quatre chemins pour aborder le sujet sur X.
« Les commerces-vitrines du blanchiment, lié au narco-trafic, sont des problèmes importants pour la sécurité, le cadre de vie. Malgré des moyens limités accordés aux maires à ce jour par la loi, à Montpellier nous agissons : record de France des fermetures administratives, préemptions et démolitions (voir 12 avril).
« Face à ce phénomène, il est urgent que des moyens de magistrats, de police judiciaire soient affectés pour conduire des enquêtes et faire chuter les réseaux qui se déploient dans le pays.
« La lutte contre le narco-trafic commande la mobilisation de tous, ce dernier menace la cohésion de la société.Ces sujets exposent face à des réseaux puissants mais être élu, c’est faire preuve de courage et résolution. Les complaisances ont fait beaucoup de mal … »
•• Pratiquement tous les jours, nous relatons – ici-même – des « descentes » des Douanes et des forces de l’ordre dans des établissements (des épiceries mais aussi des bars à chicha, voire des Barber’s shops) d’un certain nombre d’autres villes : à Nimes (voir 15 avril) et dans le Gard (Alès) tout particulièrement, mais aussi à Béziers, Gap (voir 6 avril), Antibes, Nice, Calais, Nantes, Saumur, Clermont-Ferrand, Perpignan, Mulhouse … sans parler des agglomérations parisienne et lyonnaise.
•• Tous les commerces concernés se caractérisent par une chose : on y vend du tabac de contrebande. Pas que … mais toujours.
•• Le vrai problème se situe à deux niveaux : la légalité des produits qui y sont vendus ; la transparence sur les fonds investis.
•• C’est donc un double enjeu sécuritaire et d’urbanisme commercial qui se pose avec gravité: tant les organisations professionnelles de commerçants que les municipalités vont devoir se faire entendre.




