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9 Avr 2025 | Trafic
 

Le 4 avril, les douaniers de Marseille ont dévoilé les chiffres concernant les opérations menées en 2024, dont 11 tonnes de tabacs de contrebande (voir 8 avril) … Pourquoi Marseille est-elle fortement impactée ? Michaël Lachaux, Directeur régional des Douanes, répond aux questions de France 3 Provence-Alpes.

France 3 Provence-Alpes : Notre région est particulièrement ciblée par les trafiquants, en raison de son positionnement géographique stratégique. Quelle est la spécificité des douanes sur le territoire marseillais ?

• Michaël Lachaux : Il ne faut pas oublier que Marseille est une ville frontière, donc qui dit frontière, dit douaniers. Il y a deux frontières à Marseille. On l’oublie souvent, on voit souvent la mer et les cargos, mais il y a aussi l’aéroport avec 11 millions de passagers sur l’aéroport et sur le port, entre les ferries et les croisiéristes, cela représente 4 millions de personnes. 

Le travail de douanier est justement de contrôler ces mouvements. On retrouve aussi le travail traditionnel, cest-à-dire le contrôle des marchandises licites, qui doivent donner lieu à des taxations. Mais aussi le contrôle des marchandises illicites : stupéfiants, tabac, contrefaçons…

France 3 Provence-Alpes : On a vu des saisies en hausse, notamment la contrebande de tabac à plus 58 %. Comment vous expliquez cette recrudescence ?

• Michaël Lachaux : On est malheureusement sur un mouvement de fond, qui est un mouvement national – même si au niveau national la Douane a saisi un peu moins de tabac en 2024. On est quand même sur une économie parallèle qui s’est maintenant bien établie et Marseille ny échappe pas. Cela sexplique peut-être par le fait qu’à Marseille, on est sur une vente assez régulière à la sauvette, dans les épiceries de nuit, ou dans un certain nombre d’établissements. Ce qui fait qu’on a cette concurrence déloyale pour nos buralistes.

France 3 Provence-Alpes : Vous parlez de concurrence déloyale. Il y a un gros fléau aussi dans notre région, c’est la contrefaçon, avec plus de 25 %. Le plan 2024-2026 est en cours, comment vous comptez l’appliquer localement ?

• Michaël Lachaux : D’abord, c’est sur le port. La priorité numéro 1, ce sont les conteneurs qui arrivent de Chine et de Turquie, de détecter justement les quantités importantes à ce moment-là.

Mais il y a aussi les colis. Ce ne que savent pas beaucoup, c’est que quand on sonne à la porte, ça peut être le facteur, mais ça peut aussi être le douanier. Si vous commandez des articles de contrefaçon, on peut aller jusque chez vous pour vous interpeller. Et à ce moment-là, vous vous retrouvez en mauvaise posture (…) (Voir aussi 25 et 21 février)

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