Et c’est ainsi qu’un mouvement social traine jusqu’à la fin de semaine … De la DRD de Paris-Lognes à celles de Lyon, Le Mans et Toulouse. Entre le blocage total de la première et les mouvements, plus ou moins perlés, des autres (voir Lemondedutabac du 16 janvier).
Chacune des journées de perturbations passées n’aura contribué qu’à complexifier l’approvisionnement des buralistes. Entre décalages des livraisons et restockages problématiques dans les centres de dépannage.
Chez les fumeurs, l’annonce de plus en plus médiatisée d’une pénurie finit par se propager … quand elle n’est pas effectivement constatée, ici ou là.
Côté direction, les cartes ont été mises sur table, mardi dernier. En rappelant qu’à propos de salaires, ses propositions sont plus de deux fois supérieures à la progression de l’indice Insee (voir Lemondedutabac du 14 janvier).
Côté organisations syndicales, les demandes restent déterminées. « La direction n’a absolument rien à nous proposer. Nous réclamons toujours une rallonge de 25 euros brut pour tous les salariés » a déclaré, hier dans les médias, Franck Lecot, secrétaire du bureau syndical CGT. « On est en train de durcir un peu plus. On était à une grève tous les deux jours. On va s’orienter vers une grève tous les jours » avait annoncé, quelques heures auparavant, de Lyon-Mions, son collègue Sébastien Perrier-David, délégué CFDT.
Pendant ce temps, c’est la galère pour nombre de buralistes. Les linéaires qui se vident. Les clients qui ne comprennent pas.
Les livraisons décalées, de deux à trois jours au mieux, avec l’incertitude quant à l’arrivée ou pas du camion, uniquement avec des cartons pleins. Les coups de fil inquiets entre collègues.
L’aventure du déplacement – quand on le peut – vers un centre de réapprovisionnement, pour y connaître l’attente, l’énervement et l’angoisse de repartir avec une cargaison qui peut être l’objet de toutes les convoitises.
Sans compter les problèmes de trésorerie, les affres d’échéances qui tombent sans visibilité sur le lendemain.
La brusque précarité, là où l’on avait l’habitude de s’appuyer sur un système solide pour travailler … Et alors que le marché officiel pique du nez. Comme les chiffres le confirment (voir Lemondedutabac du 16 janvier et du 6 janvier).
Devant cette situation, la CGT, dans un communiqué de presse, appelle « l’Etat à prendre ses responsabilités et à intervenir en tant que principal bénéficiaire de la collecte fiscale ».
On peut imaginer que d’autres pensent sérieusement à solliciter une intervention du Gouvernement.




