Deux professeurs de l’Essec (Marc Guyot et Radu Vranceanu, respectivement directeur des programmes de management et directeur du centre de recherches) ont signé dans Les Echos daté des 15/16 janvier, un article d’analyse du phénomène «cigarette électronique», sous l’angle de la … morale.
Une démonstration qui n’est pas exempte d’affirmations contradictoires, mais une contribution au débat.
« Un problème de santé publique qui semblait irrésoluble, il y a encore peu, est en train de fortement s’améliorer grâce à l’émergence d’une innovation et à l’esprit d’entreprise. Cette situation apparaît comme un exemple marquant d’exercice de la moralité spontanée et involontaire de l’entreprise privée» assurent les auteurs.
La cigarette électronique étant en train de bousculer une situation d’impasse « entre un secteur du tabac, oligopole dur qui tire ses profits colossaux de la dépendance à la nicotine » et une action de l’Etat « (taxation, interdiction dans les lieux publics, communication, substitut à la nicotine) qui, sur les trente dernières années, s’est avérée peu efficace ».
L’Etat a t-il encore à un rôle à jouer ? Oui, estiment les contributeurs, qui voient dans l’émergence de la cigarette électronique « une illustration parfaite de la complémentarité des rôles du privé et du public dans la bonne société ».
Le privé a su faire émerger rapidement un produit viable économiquement … Le rôle de l’Etat est de réglementer ce marché du fait de son impact sur la santé publique. Surtout, l’Etat devrait « saisir cette opportunité pour porter un coup mortel à l’oligopole du tabac, en protégeant et dynamisant la concurrence sur ce nouveau marché ».
Revenant sur le terrain de « la moralité » (qu’ils avaient un peu oublié), nos experts abordent ce qu’ils considèrent comme un dilemme : profitabilité et santé publique : « même si, dans le cas présent, il y a une convergence heureuse entre le profit et la santé publique, il appartient exclusivement au législateur de déterminer s’il est bon que cette industrie se développe et d’établir les normes qui doivent encadrer ce développement. Le profit ne saurait tenir lieu de finalité, il est juste le moteur du progrès social ».




