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30 Mar 2020 | Profession
 

Épisode 12 de notre revue de presse régionale sur le vécu de buralistes en cette période de confinement prolongé (voir 29, 28, 27 mars).

•• Les patrons du « Corona » à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) n’échappent pas à la blague … Ce qui les fait moins sourire, c’est l’activité après-annonce du confinement : « ensuite, on a encore un peu bricolé, mais les gens ont fait des réserves et à 19h, il n’y a plus personne ». Autre coup dur : le report des matches, tournois et autres championnats … plus de sport, plus de paris sportifs. Et donc encore moins de clients dans le tabac : « on voit une personne toutes les demi-heures ».

• Même constat chez un confrère, mais un curieux détail n’en finit plus d’étonner le buraliste : « d’habitude, on vend 70 % de light et 30 % de red, mais depuis le confinement, c’est l’inverse. Je ne comprends pas pourquoi » souffle-t-il, craignant du coup pour la gestion de ses stocks.

• « C’est simple, avant on avait plus de 1 000 clients par jour, aujourd’hui, si on en a 50 c’est le bout du monde » déplore un autre buraliste. « Le problème, c’est que plus personne ne vit dans le centre-ville. Ce n’est que des AirBnB … un tabac, ça vit avec ses clients dans un rayon de 200 mètres ».

•• « Nous n’acceptons pas plus de cinq personnes en même temps dans nos locaux, nous avons installé des plaques de plexi à la caisse pour se protéger et protéger les clients, nous désinfectons régulièrement le terminal de paiement et du gel hydroalcoolique ainsi que des gants sont   disponibles » détaille une buraliste à Auch (Gers) qui n’ouvre désormais que le matin.

« Nous avons des clients qui viennent, tous les matins, acheter la presse régionale et leur baguette de pain. Ils gardent leurs habitudes. Sinon, majoritairement, les clients respectent les consignes » assure-t-elle. Hormis ceux qui viennent plusieurs fois par semaine pour des jeux à gratter.

Outre le tabac et la presse, elle a constaté la hausse des ventes d’un objet peu demandé   d’ordinaire : « on n’a jamais vendu autant de piles pour les thermomètres que ces derniers temps ». « Sinon, les clients nous remercient d’être toujours ouverts et nous souhaitent bon courage » (La Dépêche du Midi).

•• « D’un point de vue économique, on ne va pas se mentir, ça aurait aussi été dur de fermer quatre à cinq semaines » confie le buraliste d’Annœullin (à 20 kilomètres au sud de Lille, Nord).

« Cette décision a été facilitée par des clients sympas qui sont venus me déposer des gants, des masques, du gel hydroalcoolique. » Le strict respect des consignes, « ça réduit la convivialité, mais c’est nécessaire. » reconnaît-il. « Je n’ai pas encore regardé les chiffres en détail mais je pense que je subis une baisse de moins de 10 % car même s’il y a moins de clients, le panier moyen est plus important. »

Point relais colis, il a perdu des clients sur cette activité, en revanche, il a gagné de nombreux fumeurs : « on sait que les gens vont beaucoup en Belgique acheter le tabac habituellement. Mais là, avec la fermeture des frontières, on a récupéré pas mal de monde » (La Voix du Nord).

•• À Châlons-en-Champagne (Marne), fait exceptionnel ce dimanche : aucun buraliste n’a ouvert. Au moins un temps …celui de souffler notamment face à certaines incivilités de clients.

« Ici c’est vendredi 13 tous les jours ! Au début de la crise, les gens n’entendaient pas les règles d’hygiène et nous n’avons pas été aidés à les faire respecter. Il a fallu être tenaces et fermes. Nous aurions aimé être appuyés, avoir un coup de pouce. Nous travaillons beaucoup mais nous sommes surtout fatigués de répéter sans cesse les règles » déclare l’un.

Malgré une signalétique claire, « il faut sans cesse répéter les mesures, celles des « un mètre « et du sens de circulation dans le magasin. Il faut aussi dire aux gens qu’ils ne peuvent venir qu’une fois par jour. Au début ils revenaient, maintenant nous leur refusons la vente … » confirme un collègue (L’Union).

•• « Nous avons des amis en Chine qui nous ont dit que les mesures que nous avons en France ne sont pas suffisantes » raconte une buraliste d’origine asiatique à La Flèche (à l’extrême sud de la Sarthe). L’établissement s’est transformé en « bunker anti-coronavirus ». Le comptoir est protégé par d’épais rideaux de plastiques fixés au plafond et descendant jusqu’au sol :« à Paris, beaucoup de bureaux de tabac ont mis ça en place » précise-t-elle en souriant.

Un trou avec une boîte permet au client de mettre sa monnaie et à la buraliste de déposer les paquets de tabac. Et si le client souhaite composer son code de carte bleue, il est invité à d’abord nettoyer son doigt sur un côté imbibé de lotion désinfectante (Ouest-France).

•• À Trégunc (à 7 kilomètres de Concarneau, Finistère), deux buralistes se sont organisés pour offrir leurs services. Ils sont ouverts tous les jours de 7 h à 13 h en matinée, ainsi qu’un après-midi sur deux jusqu’à 17 heures en alternance. Idem le dimanche matin.

« En temps normal, il y a du boulot pour deux à plein temps dans le bourg. Là, il nous a semblé normal de nous entendre afin que les habitants ne trouvent pas porte close, tout en tenant compte de la baisse de fréquentation » indique l’un d’eux. « De toute façon, on n’a pas le choix ! Même si le Loto a chuté d’environ 70 %, pas de baisse en revanche pour le tabac ».

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