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14 Juil 2017 | Profession
 

L’idée paraissait farfelue, il n’y a pas si longtemps : le numérique remplaçant le numéraire, ni agence, ni chéquier, mais un simple téléphone et une carte de paiement … Aujourd’hui, les plus vénérables institutions bancaires dépensent des dizaines et des centaines de millions pour racheter les start-up qui ont révolutionné le secteur.

Dernier exemple en date, cité dans un grand article du Parisien / Aujourd’hui en France dans son édition du 13 juillet : le rachat à 95 % par BNP Paribas de Compte Nickel (voir Lmdt du 13 juillet).

« 250 millions d’euros mis sur la table pour s’offrir « le compte en banque sans banque » que l’on peut ouvrir chez un buraliste. Une transaction gigantesque pour un service né en février 2014.

« Ironie de l’histoire : à l’époque, personne, dans le petit monde bancaire, n’aurait parié un euro sur cet ovni de la finance. Une carte facturée 20 euros à l’achat, uniquement disponible chez les buralistes, sans possibilité de découvert, sans chéquier, sans conseiller, sans crédit… Quelle idée ! 635 400 Compte-Nickel ouverts plus tard et l’intérêt grandissant de fonds d’investissement pour cette jeune pousse française ont eu raison des persiflages »

« On est passés en quelques mois d’usine à blanchir de l’argent sale au statut de meilleure fintech (NDLR : start-up de la finance) européenne », glisse Hugues Le Bret, l’un des fondateurs de Compte-Nickel. Cet ancien cadre de la Société générale devrait, au passage, intégrer le top management de BNP Paribas.

Les six grands groupes bancaires français sentent monter l’évolution : C-zam (Carrefour) depuis mi-avril (voir Lmdt du 23 mars), la néobanque allemande N 26, Orange Bank (voir Lmdt des 30 juin et 25 avril) et Altice, la maison-mère de SFR qui s’apprête à lancer sa banque d’ici à 2019 …

« Les clients, notamment les plus jeunes, sont de plus en disposés à se passer des établissements bancaires, de leurs agences, de leurs conseillers.  Selon le cabinet d’études CCM Benchmark, 75 % des moins de 35 ans consultent leur espace client mobile plusieurs fois par semaine » cite Le Parisien.

Enfin, « une nouvelle législation européenne (dénommée DSP 2) obligera en 2018 les banques à laisser d’autres sociétés se greffer sur les comptes de leurs clients ».

Alors, plutôt que de subir le mouvement, ces grands groupes anticipent. En achetant leurs futurs concurrents ou en créant, comme l’a annoncé il y a peu la Banque Postale, leur propre banque mobile (voir Lmdt du 11 juillet) ; comme BCPE qui a acquis l’an dernier la start-up Fidor (société de développement de nouveaux services) ; comme le Crédit Agricole et la Société Générale qui ont pris des participations, respectivement dans Linxo et Fiducéo, chargés de donner un coup de jeune aux applications de ces deux réseaux traditionnels.