Ce qui frappe dans certains reportages sur la vape, ce n’est pas le sujet mais le récit. C’est ainsi que Cyrille Geiger (commerçant et formateur) s’exprime, sur Linkedin le 23 mars, à propos du dernier « Complément d’enquête / Vapoteuses : l’empire de la clope contre-attaque » que nous avons déjà commenté ici-même (voir 21 et 23 mars). Un « grand méchant » bien identifié : Big Tobacco. Un marché présenté comme sous influence et une conclusion qui coule de source… puisqu’elle est posée comme postulat de départ. Problème : la réalité est un peu moins pratique. En France, l’immense majorité de la vape ne passe pas par les grands groupes du tabac. Mais c’est moins simple à raconter. Alors on simplifie, on amalgame, on suggère que tout se vaut, que tout se rejoint… et que tout est suspect. Une forme d’altermondialisme appliqué à la vape : refuser les industriels… tout en leur prêtant une omniprésence qu’ils n’ont pas réellement sur ce marché. Il y avait pourtant un autre sujet sûrement bien plus ancré dans la réalité de la vape. Celui de la contrebande et de la contrefaçon vendue dans certaines solderies, ou directement via des réseaux sociaux, sans contrôle, sans traçabilité, sans aucune règle. Un sujet moins bancable mais infiniment plus concret… et probablement plus utile. Et pendant ce temps-là, sur le terrain, les buralistes ne font pas de théorie. Ils accompagnent des clients bien réels, souvent fumeurs, qui cherchent des alternatives. Ils expliquent, orientent, encadrent et appliquent des règles strictes. Ils assument une responsabilité quotidienne. Pas parfaits. Mais responsables. Pas militants. Mais engagés dans le réel. La vape mérite mieux qu’un procès d’intention et surtout mieux qu’un scénario déjà écrit. Peut-être que la prochaine enquête pourrait commencer par là : aller voir ceux qui font, plutôt que ceux qui racontent. À moins que ça ne soit pas conforme avec certains objectifs d’audience.




