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7 Mar 2013 | Vapotage
 

On reste quelque peu sur sa faim à la lecture de l’abondante revue de presse générée par l’annonce d’une enquête bénéfices/risques sur la cigarette électronique par la ministre de la Santé (voir Lemondedutabac du 5 mars). Plus on lit d’informations sur le sujet, moins on en sait : trop de références à des études contradictoires et éparpillées, des chiffres récurrents, des acteurs économiques plus ou moins organisés … Sans prendre parti sur « la nature » du produit, ni nier le phénomène de société, les commentaires se croisent : le marché  à caractère  exponentiel de la cigarette électronique peut-il encore reposer sur le flou juridique de son activité ?

• « Oui » assurent les intéressés, qui ne réagissent pas à l’annonce de Marisol Touraine et restent fixés sur la conquête de marché par les boutiques.
Cigarettec annonce, sur RTL, l’ouverture de 100 nouvelles boutiques d’ici la fin de l’année et un chiffre d’affaires quadruplé en un an (2 millions d’euros en 2012). Clopinette, dans 20 minutes, parle de quintupler le nombre d’enseignes d’ici à décembre, soit un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros en 2013 contre 3 millions en 2012. Toujours dans 20 minutes, Mickaël Hammoudi, président du collectif des acteurs de la cigarette électronique (première initiative de fédération) déclare : « Le marché continue de croître. Nous serons  les buralistes de demain ».

• Pas sûr pour certains médias qui tentent de lever le voile sur le flou économique du secteur …
Le Huffington Post rappelle que l’OMS estime le chiffre d’affaires européen à 500 millions d’ euros  en 2011. En France, on ne dispose que d’une estimation des consommateurs : 500 000 utilisateurs réguliers.
RTL, dans « On n’est pas dupes », a tenté de reconstituer le puzzle, dénombrant « des dizaines de distributeurs, plus ou moins organisés, qui se partagent les parts de marché ». L’enquête a cerné un marché très lucratif, en tout cas plus que celui la cigarette traditionnelle : « sur un paquet de cigarettes à 6,60 euros, un buraliste fait environ 40 centimes de marge. Pour la même somme consacrée  à l’ e- cigarette, elle est de 4 euros ». Ce qui expliquerait également l’intérêt des pharmaciens …
Ce qui fait dire au professeur Dautzenberg que « ce marché émergent a désarmé les politiques … mais est devenu un business mondial et mondialisé, il faut des règles ». Sans aller vers une interdiction, le professeur, auquel le ministère a demandé une étude, imagine une vente encadrée et taxée … comme le tabac.

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