Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
 

Revenant sur l’annonce, par Marisol Touraine, d’une enquête sur la cigarette électronique (voir Lemondutabac du 5 mars), deux journalistes scientifiques ayant collaboré au Monde (Jean-Yves Nau et Michel Alberganti) relèvent, sur le site Slate.fr, toutes les difficultés auquel l’OFDT (Office français du tabagisme) va se heurter pour donner une « véritable dimension et valeur scientifiques » au rapport commandité sur la qualité et l’usage de la cigarette électronique. Près de dix ans après son apparition, la récolte d’informations scientifiques sur ce nouveau produit reste bien maigre.

• Son usage
« Le gouvernement français avance le chiffre (jamais recoupé) de 500.000 utilisateurs de l’e-cigarette en France. Aux Etats-Unis, une étude publiée le 28 février 2013 par le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) montre qu’en 2011, 21% des adultes fumeurs de tabac avaient eu recours à l’e-cigarette. Sur l’ensemble des adultes, 6% l’avaient essayé, soit un doublement par rapport à 2010. Le directeur du bureau sur le tabac et la santé au CDC reconnaît, toutefois, son manque de données sur le sujet : il y a encore beaucoup de choses que nos ignorons sur ce type de produit, y compris s’ils font croître ou décroître l’usage des cigarettes traditionnelles ».

• Sa toxicité
« L’évaluation de la toxicité à long terme de la vapeur de propylène glycol et de glycérine, les produits vaporisés, reste à mesurer. Ces deux substances sont utilisées dans l’alimentation. Le propylène glycol sert d’émulsifiant dans les sauces et assaisonnement et de solvant dans les arômes liquides ; il est utilisé aussi dans les «machines à fumée» pour les spectacles, et comme antigel. La glycérine, ou glycérol, (E422) sert comme humectant, solvant, émulsifiant, stabilisant et épaississant dans l’alimentation. Il donne également au vin son onctuosité. On le trouve aussi dans la nitroglycérine, les bulles de savon, la cellophane, les antigels, les fumigènes, les lubrifiants intimes…
Cependant, leur inhalation sous forme de nano-gouttelettes dans les poumons, via les e-cigarettes, n’a pas été étudiée sur le plan médical, surtout pour ses effets à long terme
».

• Le «vapotage» passif
« C’est la grande question de ce dossier. La réponse est liée à celle qui concerne la toxicité vis-à-vis des utilisateurs d’e-cigarette. En effet, une étude allemande a montré que l’on retrouve dans l’atmosphère d’un lieu fermé certains composants provenant de l’évaporation des produits utilisés, c’est-à-dire des composés organique volatils (COV). Du propylène glycol vaporisé a été détecté dans l’air ambiant, ce qui démontre qu’un vapotage passif existe bien. Aucune émission de formaldéhyde n’a été mesurée ».

• La qualité des produits
« L’absence de contrôle qualité rigoureux est souvent pointé par les quelques études menées sur les e-cigarettes. Les carences scientifiques et règlementaires ne peuvent que favoriser une telle situation. Il semble même difficile d’évaluer précisément la quantité de nicotine parvenant au cerveau des utilisateurs, ce qui est un point crucial important en matière de sevrage tabagique. Il serait également indispensable de contrôler la composition exacte des liquides de «vapotage» afin de vérifier l’absence d’autres substances que celles annoncées par les fabricants ».

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.