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3 Jan 2023 | Profession
 

La retraite ? Quelle retraite ?

Si la thématique risque d’alimenter toutes les discussions au début de l’année avec la présentation des grandes lignes du projet d’Emmanuel Macron, la question ne s’est jamais vraiment posée pour un couple de buralistes à Verdun (lui 73 ans, elle, 70 ans). Reportage de Vosges Matin.

Lui, en particulier, aurait pu tirer un trait sur toute son activité professionnelle autour de 60 ans, pour avoir commencé à travailler à la fin de l’adolescence, dans la sidérurgie en Moselle où il a passé sa jeunesse. Bientôt 60 ans plus tard, on retrouve cet homme né en Croatie à la tête d’un tabac-presse. Leur vie : du travail, du travail et encore du travail.

•• Les débats sur les carrières longues ? Depuis qu’ils ont repris les rênes de cet établissement en 1987, les horaires sont gravés dans le marbre. Lever à 5 heures, ouverture du magasin à 6 heures 30 fermeture (sans coupure le midi) à 20 heures 30 six jours sur sept.

Et le dimanche de 6 heures 30 à 12 heures 30. Soit un total de 90 heures d’ouverture hebdomadaire. Ajoutez-y la nécessaire logistique de la gestion d’un magasin, et le couple n’est pas loin d’approcher la centaine d’heures de travail chaque semaine.

•• Certes, le magasin fermera un jour ses portes. Il est à vendre depuis bientôt trois ans et le buraliste a connu d’importants problèmes de santé. « Mais on ne se plaint pas » sourit la patronne. « On a une clientèle très sympathique et quand on aime ce qu’on fait, la notion du travail n’est pas la même ».

Pour autant, elle « comprend celles et ceux qui veulent tirer un trait sur leur parcours professionnel difficile. Quand on souffre chaque jour dans ce qu’on fait, comment pourrait-il en être autrement ? ».

•• L’établissement est tenu au cordeau par une gestion serrée, quand bien même les départs de garnisons ont réduit l’activité. Lorsque la vie professionnelle s’arrêtera, se posera la question des journées à remplir. Forcément. Le couple réfléchit. « Il va falloir se trouver des activités », précise l’épouse. « On partira peut-être rejoindre notre fille à Nancy. Les activités culturelles pour remplir les journées, c’est peut-être la solution ». Photo : Vosges Matin