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29 Mai 2016 | Profession
 

BIC bruno-bichÀ bientôt 70 ans, Bruno Bich joue les prolongations pour transmettre au mieux les valeurs qui ont fait le succès du groupe BIC, fondé par son père Marcel en 1945. Le 1er juin, cet homme au visage rond et de haute taille va redevenir PDG du groupe pour deux ans, en raison du départ à la retraite du directeur général Mario Guevara, intervenant plus tôt que prévu. Le temps de « finir de bien préparer », l’aîné de ses trois fils, Gonzalve, à prendre potentiellement la relève.

Dans la foulée de l’assemblée générale du groupe, ce mercredi 18 mai, Gonzalve Biche, 37 ans, a été promu directeur général délégué et superviseur des trois principales divisions (stylos, briquets et rasoirs), après avoir été responsable des marchés émergents.

•• Toutes les quatre secondes, 1 000 produits Bic sont vendus dans le monde. Le groupe a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de quelque 2,2 milliards d’euros. La France ne représente que 8 % des ventes, mais toujours 50 % de sa production avec sept usines et 1 300 salariés dans l’hexagone (voir Lmdt des 17 février 2015, 29 octobre et 3 août 2013).

« Chez BIC, on a une expression : « honorer le passé pour inventer le futur » souligne Bruno Biche dans un entretien avec l’AFP. « Honorer le passé », c’est garder les valeurs de son propre père (1914-1994) : l’éthique, le sens du long terme et du « risque mesuré » tout en ferraillant avec de grands concurrents comme l’américain Gillette.

Après avoir démarré dans la finance à New York, Bruno Bich a rejoint à 28 ans l’entreprise familiale, prenant en charge sa filiale américaine. Celle-ci est devenue au fil des ans l’une des plus dynamiques du groupe.

•• PDG de BIC de 1993 à 2006, période durant laquelle il a encore renforcé l’internationalisation de la marque, Bruno Bich était ensuite devenu président non exécutif. Mais « sans avoir jamais été loin du métier », puisque, très régulièrement, il scrute les chiffres des ventes par rapport aux concurrents et visite « au moins 20 magasins par mois » partout dans le monde, incognito.

Dans les supermarchés ou chez les buralistes, Bruno Bich observe les prix de ses produits, leur disposition dans les rayons. « Je passe aussi du temps pour voir les gens faire leurs courses, surtout pendant la rentrée des classes » confie-t-il.

•• Pour « inventer le futur », BIC garde la même recette : continuer à gagner des parts de marché à travers le monde avec ses produits de base dans les pays en voie de développement et ses produits à valeur ajoutée sur les marchés matures (voir Lmdt des 12 mai 2016 et 27 mai 2013). Créer une nouvelle activité remplissant les critères fondamentaux de BIC – une fonction de base au meilleur rapport qualité/prix – relève pour le moment de la gageure.

« Nous regardons toujours de nouvelles idées, mais nous nous concentrons sur le développement de nos catégories de base, où il y a encore plein de choses à faire, plein d’opportunités », résume Bruno Bich soucieux de développer notamment l’activité du groupe en Chine dans les années à venir, après l’Amérique latine et l’Inde.