
Il suffit d’ouvrir la porte de l’Embuscade, à Magny, pour sentir l’époque changer. Ici, Boubou mijote une cuisine sincère et savoureuse qui fait du déjeuner un moment de grâce, loin du bruit du monde.
C’est ainsi que débute la chronique de François Simon dans La Tribune du Dimanche (7 décembre). Nous ne résistons pas au plaisir de la reprendre.
// La route chemine. Et vous de même. Il y avait naguère la nationale 6. Un beau jour, elle fut « départementalisée » en D606. C’est ainsi que l’on glisse d’une époque à une autre. Et vice versa. Entendons-nous : parfois, en sinuant de route en route, de départementales en communales, de communales en vicinales, on passe, mine de rien, en d’autres atmosphères ; d’autres climats.
À Magny, village de 900 habitants, en pays avallonnais (Yonne) à cinq minutes de l’autoroute A6, se tient ce bureau de tabac, bureau de poste, Française des jeux, dépôt de pain, café-restaurant.
Lorsque vous poussez la porte, vous basculez immédiatement dans un autre temps. Celui-ci devait être plus clément, amical, rigolard.
// L’apéritif se prend au bar, la porte de la cuisine est grande ouverte et tout de suite vous pressentez qu’il s’y trame quelque chose.
De la passion simple pour la cuisine. La patronne, Sandrine, que tout le monde appelle « Boubou », en est une amoureuse.
Elle prépare des tourtes, des tartes, des feuilletages, des quiches ; s’embarque dans des recettes sioux style poulet Gaston Gérard (1878-1969).
// Cette recette fut créée lorsque le prince des gastronomes, Curnonsky, s’en vint dîner chez l’édile local. Bien entendu, Gaston était à table. C’est donc son épouse, Pierrette, qui se cogna le plat principal. Pensant améliorer la volaille déjà dorlotée de comté et de crème fraîche, elle ajouta au dernier moment de la moutarde de Dijon, ce qui enthousiasma nos deux messieurs attablés. Boubou, elle, n’a pas besoin du prince des gastros.
// Les temps eux aussi ont changé : une vidéo sur YouTube d’Amo & Pajo a enthousiasmé le Web sans pour autant dénaturer l’esprit des lieux.
Ces premiers jours d’hiver, au déjeuner, Boubou était à la casserole avec un menu désarmant de bonté : tarte au maroilles avec une salade adorable (une vraie, travaillée avec bon sens : ciboulette, un peu d’oignon rouge, pfou !), puis notre poulet historique onctueux à souhait, enveloppant, avant de terminer sur une tarte à la semoule légère comme un air de printemps.
// Il s’agit là d’une cuisine soignée, adorable, faite avec le cœur.
Prix à la gloire de la bonté : 17 euros. Le coup de cœur de cette fin d’année.




