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30 Nov 2025 | Profession
 

Pendant plus d’un siècle, la manufacture des tabacs a été l’un des fleurons de l’industrie auvergnate. Installée jusqu’en 1975 au cœur de la ville de Riom, près de Clermont-Ferrand, elle a longtemps été une ville dans la ville. Aujourd’hui, son histoire est racontée dans une exposition à voir aux Archives municipales de Riom (jusqu’au 2 janvier).

Nous reprenons l’information de Mehdi Magueur sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

/ On l’appelait couramment « la Manu ».

Un lieu historique, installé à Riom, qui a participé à rythmer l’activité industrielle, de sa construction en 1883 jusqu’à son déménagement en 1975. Mais son histoire commence plus tôt encore, en 1868, lorsqu’un site provisoire pour la confection de cigares s’installe dans la ville. Une phase de test qui dure une dizaine d’années.

« La manufacture se situe à proximité de la gare, qui va alors pouvoir desservir des zones qui étaient très mal desservies jusque-là. La formation des ouvrières et des ouvriers se passe très bien, on observe alors un résultat positif de cette phase de test », retrace Cédric Broët, responsable du pôle Archives et Patrimoine à la Ville de Riom.

Il conduit une exposition aux Archives municipales de Riom pour se plonger dans l’histoire de ce lieu emblématique de la sous-préfecture du Puy-de-Dôme. Intitulée La « Manu », vie(s) d’un bâtiment riomois, elle est à voir jusqu’au 2 janvier.

/ « Une vie qui se développe au sein de cette structure »

L’endroit est bien connu des habitants : 40 000 mètres carrés au cœur de la ville, qui fait vivre tout le bassin riomois, et fonctionne aussi avec ses propres codes.
« C’est une manufacture qui a employé énormément de Riomois et de Riomoises. On y a aussi aménagé des espaces pour le bien-être des ouvrières et ouvriers. Vous avez par exemple une école dans ce bâtiment, destinée aux jeunes ouvrières. On trouve aussi une crèche. Il y a vraiment une vie qui se développe au sein de cette structure », raconte Cédric Broët.

Certains, qui ont connu « la Manu » pour y avoir travaillé, s’en souviennent encore. « Il y avait des petits pôles, le bâtiment n’était pas d’un seul tenant. Il y avait des ateliers, les gens s’y connaissaient bien. Chaque bâtiment avait sa propre identité, il avait en tout cas ses habitués », livre Jean-Louis Borot, ancien employé de la manufacture des tabacs.

En 1975, un nouveau site est construit à la Varenne, en périphérie sud de Riom. La manufacture des tabacs ferme définitivement ses portes en 2017 (voir 12 juillet 2017).

Aujourd’hui, une partie des bâtiments a été rachetée par le groupe Hermès, géant du luxe français et international, qui y a installé de nouveaux ateliers de production. Les bâtiments, eux, ont été protégés au titre des Monuments historiques (voir 15 septembre 2024).