Les parties civiles ont mis en garde, ce vendredi 9 décembre, à Toulouse contre la « défiguration » de la légitime défense et plaidé « contre l’autodéfense », au troisième jour du procès en appel d’un buraliste pour le meurtre d’un jeune cambrioleur en 2009.
« Nous ne plaidons pas contre Luc Fournié, nous plaidons pour une cause et contre sa déformation, sa défiguration », a lancé Me Simon Cohen, avocat des parties civiles, à la Cour d’assises de Haute-Garonne.
« Nous plaidons pour que la légitime défense soit consacrée telle qu’elle est instituée, pour qu’elle ne dégénère pas. Nous plaidons contre l’autodéfense, parce que nous considérons que c’est à la fois une régression et un danger », a déclaré le pénaliste.
« On est très loin d’une situation de légitime défense », a abondé Me Patrick Maisonneuve, autre avocat des parties civiles.
« Il y a eu une véritable anticipation de la part de M. Fournié, il y avait eu une décision qui avait été prise, qui consistait à dire : « la justice, c’est moi qui vais la rendre », (…) « c’est moi qui serai le juge mais également le bourreau de celui qui sera rentré ».
Plus tôt, vendredi matin, la cour avait rejeté la demande de renvoi du procès, formulée la veille par la défense. Me Georges Catala avait souligné l’absence d’Ugo, le second cambrioleur, « un témoin essentiel pour ne pas dire capital », qui se trouve actuellement en Nouvelle-Zélande.
Pour sa part, l’avocat général a exclu la légitime défense et a requis cinq ans éventuellement assorti de sursis. « On ne peut pas évoquer la légitime défense préventive », a-t-il conclu, rapporte l’AFP.




