C’est bien à un dialogue de sourds auquel on assiste, sur les images de France 3, lors de la rencontre entre la ministre de la Santé et une vingtaine de buralistes en colère hier à Abilly en Indre-et-Loire (voir Lmdt du 5 septembre).
Le cortège officiel arrêté, Marisol Touraine se dirige vers les buralistes pour les saluer un par un, mais son visage est déjà fermé : « 80 000 personnes meurent du tabac chaque année. Ça coûte de l’argent à la Sécurité sociale. Qu’est-ce qu’on fait ? On reste comme ça les bras ballants ? (…) Je n’ai rien contre vous mais ma préoccupation est de savoir éviter cela ».
Quant au « paquet à 10 euros » fustigé sur la banderole, la ministre l’assure, selon La Nouvelle République qui était également présent : « François Hollande a tranché : c’est le paquet générique et pas d’augmentation du prix du tabac. Pour moi, le sujet, c’est celui de la santé publique. Après, il faut réfléchir à ce que deviennent les bureaux de tabac … ».
Une fois la ministre repartie, Jean-Pierre Demois, président de la chambre syndicale des buralistes d’Indre-et-Loire exprime un désarroi non feint : « On s’adresse à quelqu’un de borné, extrêmement borné. Mais elle ne se rend pas compte de l’impact de ses erreurs ».
« Vous ne me ferez pas reculer sur le bien-fondé de la politique de santé publique, mais il faut plancher sur des solutions de diversification de votre activité » reprend, par ailleurs, le suppléant de Marisol Touraine, Jean-Marie Beffara. Alors que les buralistes semblent penser : belles paroles, mains vides.




