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21 Fév 2015 | Observatoire
 

Cass-Business-SchoolPetit délire … Les dirigeants d’entreprises dans le domaine des boissons, des jeux d’argent et du tabac, percevraient des primes supplémentaires, non pas afin de rémunérer leur travail dans un environnement difficile ou passablement hostile, mais … pour « compenser les stigmates de la vente de produits du vice », selon une étude de la Cass Business School de Londres.

Explications : « nos données suggèrent que ces dirigeants bénéficient de  primes  en compensation du stigmate social laissé par le travail dans les … industries du péché  et de son effet négatif sur leur vie personnelle et professionnelle » affirme le Professeur Bilinski, auteur de l’étude avec le Dr Jiri Novak de l’Université Charles de Prague. Selon ces chercheurs qui n’ont d’autres sujets à étudier, ce « stigmate social » dégraderait leur statut social et « limiterait leurs opportunités de faire partie d’autres conseils d’administration ».

Les dirigeants d’entreprises de tabac, probablement l’industrie la plus stigmatisée, percevraient ainsi les primes les plus élevées, d’un montant moyen annuel de 479 647 dollars. Ils seraient suivis par ceux de sociétés de jeux d’argent qui touchent 304 980 dollars de gratifications et par les patrons d’entreprises de boissons qui reçoivent des primes de 297 738 dollars, en moyenne.

Dernière observation de l’étude : le salaire de ces dirigeants augmenterait après des périodes de campagnes anti-tabac et ce, proportionnellement au niveau de dépenses du gouvernement en faveur de la prévention du tabac et de nouvelles réglementations dans le secteur du tabac …

L’étude a été menée sur 20 ans (excusez du peu), entre 1992 et 2012, sur les salaires d’environ 100 dirigeants d’entreprises du péché, référencées par l’indice boursier S&P 1500. Durant cette période, le salaire moyen annuel des dirigeants en question, tous secteurs confondus, était de 1,9 million de dollars.

Sérieuse ou pas, la nouvelle va donner du grain à moudre à la députée anti-tabac Michèle Delaunay, qui regrettait déjà de ne pouvoir  envoyer les dirigeants des fabricants de tabac  en prison (voir Lmdt du 29 octobre 2014).

On ignore si la même étude est entreprise sur les cadres-dirigeants de l’armement, voire de l’industrie chimique.

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