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23 Août 2014 | Profession
 

RTL on refait le mondeDrôle de façon de refaire le monde … Le créneau du soir de Marc-Olivier Fogiel sur RTL (« On refait le monde ») débattait, ce vendredi 22 août, du devenir de la profession de buraliste alors que l’on a appris, ce jour là, que la FDJ installe petit à petit les jeux de grattage dans les boulangeries, les épiceries, les cordonneries (voir Lemondedutabac du 22 août). Avec une entame nettement anti-buraliste : « on les entend souvent se mettre en colère contre les hausses de prix du tabac, sur la vente aux mineurs, et là sur les jeux de grattage. Est-ce que cette profession a tendance à crier avant d’avoir mal ? » .

• Rokhaya Diallo, fondatrice de l’association les Indivisibles : « ils crient, c’est légitime, parce que ces professions sont menacées, leur activité n’est plus la même qu’il y a 20 ou 30 ans. Les jeux restent une part importante de leur activité. Si la FDJ permet à d’autres commerces de vendre ces jeux, ça les menace directement ».

• Roland Cayrol, politologue, directeur du centre d’Etudes et d’Analyses : « moi , ce qui m’intéresse, au-delà du sort des buralistes, c’est cette idée qu’il y ait des lieux de convivialité dans la société marchande, dans lesquels les gens se rencontrent, se retrouvent. Le bureau de tabac, c’est ça. Tant mieux s’il y a de moins en moins de gens qui fument d’un point de vue de santé publique. Mais si on enlève aux buralistes ces jeux, cela va entraîner des fermetures d’établissement. Et sur un point de vue sociétal, j’aurai un petit regret ».

• Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro : « en ces périodes de commémoration du centenaire du début de la Première guerre mondiale, on sait qu’être buraliste était une charge donnée aux veuves de guerre pour leur assurer un petit revenu … La société évolue. On fume moins, on joue plus (j’ai l’impression). Je suis désolé, mais ce n’est pas un métier d’avenir. Mais, en revanche, pour être fidèle à mes idées, le fait qu’il y ait une mise en concurrence de l’accès à ces jeux de grattage, c’est logique. On vit trop sur les monopoles, c’en est un, et il faut le faire exploser … La Française des Jeux est un monopole sur lequel un jour il faudra se pencher. Parce que c’est intéressant pour l’Etat. Tout comme la vente de cigarettes qui tue : l’Etat est tout de même le fossoyeur d’une partie de sa population, l’Etat est complice de la vente de cigarettes dont il prend une grosse part en taxes. Cela dit, je suis désolé pour ceux qui en font leur métier. Buraliste, ça doit être très compliqué. Et c’est quand même eux qui vendent les journaux … » (sic).

• Vincent Cespédès, philosophe : « la Française des Jeux veut s’affranchir des buralistes qui râlent … C’est dommage parce qu’il y avait une régulation, de par le rapport humain qu’ils entretenaient avec les joueurs. Vente de drogue, vente de jeux avec le frisson, vente de tabac, c’est le même problème … Moi je suis pour que l’on libéralise tout. Le risque, si on ne l’encadre pas ou si l’on passe par un monopole structurel, comme la Française des Jeux, qui va passer par internet – on va vers une dématérialisation – , c’est qu’on va retrouver des petits joueurs ou des petits vendeurs comme dans les pays pauvres ».