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2 Oct 2026 | International
 

La Belgique vient de franchir un cap réglementaire majeur dans la lutte contre le vapotage chez les mineurs. Nous reprenons une information de vapoteurs.net du 23 septembre.

Le gouvernement belge a approuvé un texte interdisant les produits de vape aromatisés sur son territoire, à l’exception de deux catégories : les e-liquides au goût tabac et les e-liquides sans arôme (voir 2 mai et 4 mai 2026).
Cette mesure entrera en vigueur en septembre 2028, laissant aux fabricants et distributeurs un délai de transition de deux ans pour adapter leurs gammes.
L’information a été confirmée par l’OMS Europe dans le cadre d’un communiqué publié le 8 mai 2026, annonçant une nouvelle collaboration entre la Belgique et l’Organisation mondiale de la Santé sur la question de l’addiction à la nicotine chez les jeunes.

Les jetables déjà hors-la-loi depuis janvier 2025

Ce ban des arômes n’est pas une mesure isolée. Il s’inscrit dans une stratégie belge de durcissement progressif de la réglementation sur la vape. La Belgique avait déjà interdit les cigarettes électroniques jetables (puffs) à compter du 1er janvier 2025, devenant l’un des premiers pays européens à franchir ce pas (voir le 18 février 2025).
Le nouveau texte sur les arômes va encore plus loin en ciblant l’ensemble du marché des e-liquides, y compris les produits rechargeables. L’objectif affiché est de supprimer les saveurs sucrées, fruitées ou gourmandes qui, selon les autorités sanitaires, constituent un vecteur d’attractivité majeur pour les adolescents.

Un modèle qui fait débat en Europe

La démarche belge est scrutée de près par ses voisins européens. En France, le débat sur une éventuelle interdiction du vapotage en terrasse — sur le modèle belge — a récemment refait surface, illustrant la porosité des politiques de santé publique au sein de l’UE.
Plus largement, la Commission européenne travaille sur un paquet réglementaire visant à harmoniser les règles sur le tabac et les produits à nicotine à l’échelle du continent, mais les négociations butent sur la question précise de l’encadrement des e-cigarettes, certains États membres — dont l’Italie et la Grèce — freinant des quatre fers sur les mesures les plus restrictives.

Les partisans de la réduction des risques tabagiques s’inquiètent, eux, d’un effet pervers : en supprimant les arômes, les autorités risquent de rendre la vape moins attrayante pour les fumeurs adultes qui cherchent à arrêter la cigarette, au moment même où une grande revue portant sur 80 essais cliniques et près de 30 000 participants vient de confirmer que les e-cigarettes nicotinées augmentent d’environ 60 % les chances de sevrage tabagique par rapport aux aides classiques (patchs, gommes, etc.).

Quel impact pour les vapoteurs belges ?

Concrètement, si le texte est appliqué tel quel en septembre 2028, les vapoteurs belges ne pourront plus acheter légalement en Belgique des e-liquides aux saveurs fruits, menthe, dessert ou boisson.

Seuls les e-liquides au goût tabac et les bases sans arôme resteront autorisés à la vente. Les professionnels du secteur redoutent un report massif vers le marché gris ou les achats transfrontaliers, un phénomène déjà observé dans d’autres pays ayant adopté des restrictions similaires, comme la Finlande ou les Pays-Bas.

La Belgique devient ainsi l’un des pays européens les plus restrictifs en matière de vape aromatisée, aux côtés de la Finlande qui avait ouvert la voie. La question est désormais de savoir si ce modèle inspirera d’autres législateurs européens, ou si la résistance de l’industrie et d’une partie des professionnels de santé finira par infléchir la trajectoire réglementaire du continent.