La dernière édition de l’Empty Pack Survey, étude de référence sur le marché illicite du tabac réalisée chaque année par Imperial Brands Seita dans 126 villes de France métropolitaine (voir 18 juin 2025), révèle que la part de la contrefaçon dans la consommation de tabac atteint 18,8 % en France, contre 1,4 % fin 2018 (soit une hausse de +1 243 % en sept ans). Un niveau qui confirme l’ancrage territorial d’un phénomène désormais structuré, criminalisé et présent dans chacune des régions métropolitaines.
C’est ainsi que débute un communiqué d’Imperial Brands Seita que nous reprenons.
L’industrialisation du trafic : des usines clandestines à la vente en ligne
Il est désormais établi que la France est confrontée à une explosion du trafic de tabac. Longtemps considéré comme marginal, ce phénomène a changé d’échelle et constitue aujourd’hui un enjeu majeur de sécurité économique et d’ordre public.
La mutation la plus inquiétante est sa criminalisation accélérée. Le trafic de tabac est désormais porté par des filières structurées, capables d’organiser la production, l’acheminement et la distribution à grande échelle.
La contrefaçon, en particulier, connaît un essor spectaculaire. Des usines clandestines implantées en Europe et désormais en France produisent massivement des marques authentiques, ensuite écoulées via les réseaux sociaux, les commerces de proximité ou la vente à la sauvette.
En 2025, la douane française a démantelé 99 organisations criminelles, dont 28,6 % liées au trafic de tabac, plaçant ce dernier désormais au premier rang, devant même le trafic de stupéfiants (27,6 %).
Sur le terrain, la progression est tout aussi vertigineuse : la part de la contrefaçon dans la consommation est passée de 1,4 % fin 2018 à 18,8 % fin 2025, soit une hausse de +1 243 % en sept ans.
Les saisies le confirment : 7 usines clandestines sur le territoire national depuis 2021 et 13 sur le territoire belge sur la seule année 2025.
Un phénomène désormais installé dans tous les territoires
Ce basculement n’est plus un signal faible. Depuis 2022, le phénomène s’est généralisé et s’observe aussi bien dans les grandes métropoles que dans les territoires ruraux, dans chacune des régions métropolitaines.
Aucune région n’est épargnée.
La contrefaçon atteint 25,5 % de la consommation en Occitanie, 22,1 % en Bourgogne-Franche-Comté, 21,2 % en Nouvelle-Aquitaine, 20,8 % en Pays de la Loire et 20,3 % en Normandie. Même les régions les moins exposées, l’Île-de-France à 15,3 % et Provence-Alpes-Côte d’Azur à 16,3 %, se situent désormais à des niveaux sans rapport avec ceux d’avant 2020.
Ces chiffres traduisent une évolution profonde du marché illicite du tabac. Ce qui relevait encore, il y a quelques années, de trafics diffus ou opportunistes, s’apparente désormais à une économie parallèle structurée, capable de s’implanter localement et de se maintenir dans le temps.
Pour Hervé Natali, responsable des relations territoriales et de la lutte contre le marché parallèle chez Imperial Brands Seita : « malgré une prise de conscience accrue, la réponse publique demeure insuffisante face à l’ampleur des trafics. Le recours quasi exclusif au levier fiscal a atteint ses limites et appelle un changement d’approche. Une stratégie efficace doit s’appuyer sur un arsenal juridique adapté et un renforcement des moyens opérationnels, notamment au niveau local. Sans des ressources humaines, techniques et judiciaires à la hauteur, les pouvoirs publics risquent de perdre durablement le contrôle face à des réseaux criminels structurés et fortement implantés. »




