
Contrôlé à quatre reprises aux abords de la gare de Creil (Oise), alors qu’un arrêté préfectoral lui interdisait de se trouver dans le secteur, un jeune homme de 22 ans a été condamné par le tribunal de Senlis ce 5 juin.
Nous reprenons l’article du Parisien sur le sujet (signé Hervé Semanaud).
Comment endiguer le trafic de stupéfiants et celui des cigarettes de contrebande dans le secteur de la gare de Creil ? Une question que se posent au quotidien les forces de l’ordre et les services de la justice.
Pour Aniss H., 22 ans, connu parmi les vendeurs de cigarettes à la sauvette, les autorités ont tenté la voie administrative, avec des arrêtés préfectoraux lui interdisant d’être présent rue Jules-Uhry et place Carnot, puis plus globalement sur tout le secteur de la gare de Creil.
Une méthode qui n’a eu l’efficacité escomptée. Le 24 avril et le 12 mai, le jeune homme est contrôlé rue Jules-Uhry ; le 26 avril et le 2 juin, les policiers le trouvent place Carnot. Une répétition qui l’a conduit en comparution immédiate ce 5 juin au tribunal de Senlis.
Pour expliquer sa présence, Aniss H. semble avoir toujours une explication à fournir aux juges. « Le 23 avril, j’étais juste de passage. » Le 26 avril ? « Je ne savais pas que la place Carnot, c’était la place du marché. » Le 12 mai ? « Je passais rue Jules-Uhry pour aller prendre le train à la gare. » Et le 2 juin ? « Je me suis retrouvé dans une bagarre et la police m’a arrêté. »
Et surtout, le jeune homme d’origine algérienne invoque sa mauvaise compréhension du français pour justifier ses manquements aux dispositions des arrêtés préfectoraux le concernant. « Ces arrêtés étaient destinés à l’éloigner de Creil car, même s’il n’a pas de casier judiciaire, il est connu comme vendeur de cigarettes de contrebande et comme usager de stupéfiants, souligne la substitute du procureur. On sait parfaitement que la gare de Creil est un point de deal et de vente de cigarettes contrefaites, et les policiers voient toujours les mêmes personnes revenir. Il faut qu’il comprenne qu’il passera en comparution immédiate chaque fois qu’il sera contrôlé sur ce secteur. »
À la défense d’Aniss H., Me Jacques Even s’étonne des mesures prises à l’encontre d’un jeune homme au casier vierge. « Je m’attendais à voir un grand délinquant de Creil, mais ce n’est pas le cas. Il est obligé de passer par là pour aller prendre le train à la gare. »
Il devra la prochaine fois se contenter d’un aller sans retour puisque le tribunal l’a condamné à une interdiction de paraître à Creil pour une durée de six mois, conclut Le Parisien.
À voir.
(Voir les 25 octobre et 8 février 2025).
Photo : Le Parisien




