
Un buraliste de Bordeaux, âgé de 40 ans, a été mis en examen pour blanchiment du produit d’un trafic de stupéfiants et participation à une association de malfaiteurs. Il est soupçonné d’avoir aidé des trafiquants à blanchir l’argent des stups en achetant des tickets gagnants de jeu. Nous reprenons l’information de ICI Bordeaux. Ainsi que la réaction de la fédération des buralistes : « ces individus n’ont pas leur place dans notre profession. »
Dans un communiqué de presse, le Parquet de Bordeaux explique que « les investigations menées par la Division de la criminalité organisée du Service interdépartemental de police judiciaire de la Gironde ont conduit, au mois de janvier dernier, à la mise en examen d’un buraliste détaillant de la Française des jeux, pour blanchiment du produit d’un trafic de stupéfiants et participation à une association de malfaiteurs. »
La procédure a été initiée après un signalement de Tracfin, elle a permis de mettre au jour le système de ce buraliste qui est soupçonné d’avoir aidé des trafiquants de drogue à blanchir le produit de leurs ventes grâce à un système de rachat de tickets gagnants de la Française des jeux.
« Ce système consiste à acquérir, au moyen « d’argent sale » – les espèces issues des ventes de stupéfiants – des récépissés gagnants de jeu, sans être à l’origine des mises, afin d’encaisser les gains et les injecter dans le système bancaire », explique le Procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul.
Système qui nécessite la complicité de gérants de points de vente de la FDJ ou PMU qui acceptent d’encaisser ces tickets gagnants, voire de mettre en place un système de collecte de tickets gagnants auprès de leurs clients, qu’ils revendent ensuite aux trafiquants de stupéfiants, contre une commission.
Dans ce dossier, le buraliste de 40 ans qui exerçait à Bordeaux est soupçonné d’aide au blanchiment par rachat de tickets gagnants entre 2019 et 2024. Le parquet de Bordeaux précise qu’il aurait accepté d’encaisser de nombreux tickets gagnants de paris sportifs, jusqu’à 72 en une seule fois, dont les mises avaient été réalisées dans d’autres établissements.
Il est aussi accusé « d’avoir collecté des tickets gagnants de paris sportifs auprès de clients ou connaissances, sans les encaisser immédiatement, pour permettre un encaissement ultérieur après revente aux trafiquants de stupéfiants en échange d’espèces issues du trafic », précise le parquet.
Il a été placé sous contrôle judiciaire avec notamment interdiction d’exercer l’activité de buraliste, ainsi que toute activité en lien avec les jeux d’argent, de hasard ou les paris sportifs. Il encourt une peine de 10 ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende.
Antoine Bairras (président de la fédération des buralistes de Gironde) réagit à cette information : « dans la mesure où l’enquête confirme ces faits, nous dénonçons ces comportements qui portent atteinte à l’image de notre réseau. Nous ressentons une profonde déception face à de tels agissements condamnables. Notre réaction est claire, ces individus n’ont pas leur place dans notre profession. »




