Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
24 Avr 2026 | Trafic
 

Le ministère public et les douanes soupçonnent que ce trentenaire, habitant un village de la pointe de Caux, ait pu effectuer jusqu’à onze trajets, afin de ramener du tabac de contrebande du Luxembourg.
Finalement, ce 20 avril, c’est pour trois trajets au Luxembourg qu’il sera jugé et condamné, dans le box du tribunal correctionnel du Havre.
Nous reprenons l’article de Charles Turcant dans Le Courrier Cauchoix.

À la barre, on retrouve son père, 58 ans, habitant d’un village voisin, qui l’a accompagné dans une autre voiture lors de ces trois voyages.

Le 14 mars dernier, ils étaient tout deux interpellés au retour du troisième aller-retour, après plusieurs mois de surveillance de la part des forces de l’ordre.
Si le tribunal constate que le principal mis en cause a également pu se rendre dans ces pays pour voir des amis ou acheter des véhicules, « des réponses claires » étaient attendues sur le trafic de tabac de contrebande.

Une version plutôt limpide de comment tout cela s’est organisé ressort.

Tandis qu’il s’est déjà fourni plusieurs fois en tabac de contrebande auprès d’un revendeur, depuis environ un an, il voit ses rentrées financières chuter après un accident du travail. « Pour 1 000 euros », le revendeur (sur lequel il ne donne aucun élément) lui propose d’effectuer un trajet pour lui jusqu’au Luxembourg, d’où il ramènera du tabac de contrebande : la première fois, pour un montant de 15 000 euros Il demande à son père, habitué des longs trajets, de l’accompagner, chacun dans une voiture (une « ouvreuse » et une « transporteuse ») : il accepte. « Je n’ai pas voulu le laisser seul, je suis son père, explique le cinquantenaire. Je pensais qu’on récupérait une plus petite quantité ».

L’aller-retour se passe sans encombre et la marchandise est remise au commanditaire.

Ce dernier lui proposera un deuxième trajet, pour 30 000 euros de marchandise en échange de 1 000 euros de tabac ; puis un troisième, pour 46 000 euros de marchandise, interrompu par les forces de l’ordre.

« J’étais dans une mauvaise période. J’ai pensé à l’aspect financier immédiat, pas aux conséquences que je vais devoir assumer. Je regrette d’avoir mêlé mon père et ma famille à cette histoire », confie le prévenu, mal à l’aise dans le box.

Père de deux jeunes enfants, il a pu recevoir « des pressions » durant sa détention provisoire. Désormais, il jure vouloir se réinsérer professionnellement, « loin de l’illégalité ».
Déjà connu de la justice pour outrage et vols, il est condamné à une peine d’un an de prison aménagée sous bracelet électronique. Une peine « relativement clémente » pour le tribunal, qu’il remercie.
Quant à son père, il écope de huit mois de prison avec sursis probatoire. Ils devront également s’acquitter de divers frais de procédure et d’un total avoisinant les 354 000 euros d’amende.

(Voir aussi les 16 avril 2026 et 19 février 2026)