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20 Fév 2026 | Trafic
 

Ce 18 février, trois jeunes hommes, âgés respectivement de 20 et 21 ans, étaient poursuivis devant le tribunal correctionnel de Rennes pour une série d’attaques violentes de livraisons de tabac en Ille-et-Vilaine.
Lesquelles avaient à l’époque beaucoup perturbé l’activité des buralistes et de Logista (voir les 4 octobre et 15 avril 2025).
Furkan Cicek comparaissait libre sous contrôle judiciaire, tandis que Baran Kilic et Said-Omar Minty, placés en détention provisoire depuis le 3 octobre 2025, sont venus de prison sous escorte policière.
Nous reprenons l’article de Rennes-Infos-Autrement (Jean-Christophe Collet).

Tout au long de l’audience, Baran Kilic, 21 ans, Said-Omar Minty, 20 ans, et Furkan Cicek, 20 ans, ont rejeté en bloc les accusations. Ils n’étaient ni impliqués dans les vols de voitures ayant servi aux braquages, ni présents lors des attaques des livreurs.
Lors de la première attaque, le 25 février 2025, à Chantepie, vers 6h45, aucun d’eux n’aurait fait partie des quatre malfaiteurs encagoulés qui ont porté un coup de marteau sur le crâne du livreur (voir le 24 avril 2025).

Le 11 avril, au Rheu, tous trois n’auraient pas participé non plus à l’agression du chauffeur, projeté au sol et roué de coups à l’aide d’une matraque télescopique. Ils ne seraient pas davantage repartis avec un butin évalué à 170 000 euros.
Enfin, le 2 juillet, à Saint-Germain-en-Coglès (300 000 euros de préjudice), les trois prévenus n’auraient pas composé le groupe de six à sept encagoulés présents devant le bureau de tabac. Ils n’auraient ni frappé l’agent de sécurité, ni menacé les témoins. Ils n’auraient pas non plus intimé à une habitante de rentrer chez elle sous la menace de la « buter ».

Autour de ces trois braquages gravitaient plusieurs vols de véhicules commis à Noyal-Châtillon-sur-Seiche, Chartres-de-Bretagne, Rennes ou Pacé.
Là encore, les trois prévenus ont contesté farouchement, malgré les bornages téléphoniques de leurs portables. À la barre, l’un d’eux a déclaré sempiternellement au président du tribunal : « Je garde mon droit au silence. » Le second a été plus loquace.
« J’étais dans un Airbnb, je n’ai rien à voir avec ce vol, c’est une coïncidence si j’étais au même moment dans la ville du braquage. »

Avant d’aborder le fond, maitre Jérôme Stéphan, défenseur de Said-Omar Minty, a pointé la question du maintien en prison de deux prévenus (décidé lors d’un jugement rendu la semaine passée). « Si la décision de détention est encore susceptible d’appel, il n’est pas cohérent de les juger, sans leur laisser la possibilité d’exercer ce recours », a-t-il soutenu.
L’avocat rennais a également regretté amèrement le peu de temps laissé à la défense. « Dans tout dossier, je dois m’assurer que mon client est jugé équitablement », a-t-il affirmé.

Même ligne de défense chez maitre Gwendoline Ténier, conseil de Baran Kilic.
« Tout accusé a droit à disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense », a-t-elle rappelé.
Elle a évoqué « plus de 70 000 lignes de fichiers Excel » issues des données téléphoniques versées au dossier. « Je ne vois pas comment un avocat serait en capacité d’étudier de tels éléments dans un délai aussi court », affirme-t-elle. « La défense n’a pas vocation à courir derrière des compléments d’information. »

De l’autre côté de la barre, les représentants des parties civiles se sont opposés au renvoi.
Maitre Catherine Glon a évoqué un dossier où « la complexité ne doit pas s’ajouter à la complexité ». C’est le moment où, dans la salle, une victime a laissé percer son désarroi devant un possible renvoi.
« Je ne suis pas juge ! Ce n’est pas mon métier. Mais ce matin, j’ai fait une heure de route pour voir mon agresseur, pour lui faire comprendre ce que j’ai vécu. »

Après avoir entendu l’ensemble des observations, le tribunal a rejeté la demande de renvoi et décidé d’examiner l’affaire sur le fond.
Très tard, il a suivi les réquisitions de la Procureure Héloïse Douguet.
Laquelle avait notamment requis huit années d’emprisonnement contre Baran Kilic et quatre années contre Said-Omar Minty.
Furkan a été, lui, relaxé.