Quelques jours avant la sortie du Parisien / Aujourd’hui en France sur le retour de la vente à l’unité (voir Lemondedutabac des 26 et 27 octobre), le quotidien La Provence avait mené sa propre enquête dans le 6e arrondissement de Marseille. Dans ce quartier très populaire du centre, où se procurer une clope à 60 centimes dans une épicerie est un plan facile, bien connu des mineurs. Avec des développements qui méritent que l’on revienne sur le sujet.
Pour les mineurs interrogés, la vente à l’unité de cigarettes lève bien des obstacles : « aucune question sur l’âge, rien » de la part du revendeur illégal ; « quand on en fume une de temps en temps et qu’on a un tout petit peu d’argent de poche, ça suffit »… même si à 60 centimes la pièce, le paquet revient, in fine, à 12 euros.
Côté police, on tempère : « une minorité de commerçants sédentaires la pratique. Pour nous cela rentre dans la vente à la sauvette, que nous connaissons bien dans le quartier … Nous sommes en train d’intensifier notre action ».
Dans un encadré, le CNCT considère la pratique marginale … Pour l’association, la première source d’approvisionnement restant les buralistes, suivie des amis. Et le problème, c’est l’absence de contrôle des interdictions. D’où une critique de l’inertie des pouvoirs publics. Et l’appel à création d’un observatoire permanent de la vente du tabac aux jeunes.
Enfin, cette « porte d’entrée » au tabagisme fait bondir le Professeur Nicolas Simon, addictologue à Marseille : « c’est dramatique et plus encore, c’est criminel. Vendre des cigarettes à ces tout jeunes mineurs, c’est fabriquer les drogués de demain ». Mais que propose-t-il face à ce mode d’approvisionnement qui renvoie à la case départ de la prévention auprès des jeunes ? Pas les avertissements sanitaires : « les messages alarmistes ne marchent pas, voire ont l’effet inverse de celui recherché ». Sa proposition : « que toutes les marques soient vendues dans des paquets identiques » (on pourrait lui faire remarquer que c’est le bon moyen de booster la vente à l’unité …). Ou faire passer le message que « fumer, c’est ringard, un truc de vieux, de stressés ». Quelques lignes plus tôt, dans le même article, une jeune fille déclarait : « fumer c’est cool ».
La vente de la cigarette à l’unité renvoie aux difficultés du travail de prévention.




