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Sous ce titre vindicatif, Marianne publie, cette semaine, une « lettre ouverte » à Marisol Touraine, signée Benoît Duteurtre, aussi juste que jubilatoire. Ce sont les dernières mesures anti-tabac annoncées par la ministre (notamment l’interdiction de fumer la cigarette électronique dans les lieux publics) qui excite la verve de l’écrivain-essayiste. Extraits.

« On sait que vos prédécesseurs n’ont guère fait dans la nuance en lançant une guerre au tabac conduisant à l’interdiction totale de la cigarette dans les lieux publics. A l’appui de leur combat, ils ont évoqué des chiffres discutables sur l’ampleur des dégâts du « tabagisme passif ». Ainsi culpabilisés, les fumeurs se sont soumis (…) en se retrouvant sur les trottoirs ou en adoptant la cigarette électronique dont la vapeur parfumée, de l’avis général, ne dérange aucunement la santé de l’entourage.

« Mais voilà, la lutte antitabac est un enjeu symbolique qui ne connait pas de limites. Loin de se contenter de protéger les non-fumeurs, elle entend protéger les fumeurs contre eux-mêmes – sans aucune efficacité, si l’on en croit les statistiques. Appliquée strictement, une telle logique préventive devrait conduire également à proscrire l’alcool des lieux publics (…). Le tabac est devenu le champ d’action privilégié de cet hygiénisme sélectif qui prétend réduire le champ des plaisirs dangereux …

« Pour les pères et mères Fouettard, le geste même du fumeur est devenu intolérable, et la lutte contre le tabac doit, au nom des principes, montrer une forme de cruauté, comme au Canada où une règle interdit de fumer, même par un froid glacial, à moins de 9 m des bâtiments publics !

« Mais votre combat rejoint également la politique d’affichage mise en œuvre par le gouvernement dans le domaine « sociétal » pour masquer son incurie face aux grandes questions sociales ( …).

« Il est toujours plus facile, pour un ministre de la Santé, d’aller emmerder ceux qui vapotent gentiment et d’illustrer ainsi la tyrannie de ce que Philippe Muray appelait « l’empire du Bien ». La lassitude que beaucoup d’entre nous éprouvent devant la répétition et l’aggravation de ces phénomènes est immense, croyez-le ! ».

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