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27 Nov 2018 | Profession
 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, il s’est agi de la première radio en direct de toute sa carrière pour Jeanne Pollès, Présidente de Philips Morris France (voir Lmdt du 28 juin). C’était ce lundi 26 novembre, sur Radio Classique, dans le cadre de « L’invité de l’économie ».

Le journaliste Dimitri Pavlenko démarrant les sept minutes d’interview sur « l’industrie du tabac, la grande muette de l’économie … ». 

« … C’est moins le cas aujourd’hui, parce que nous portons une vision qui est un monde sans fumée, parce que des solutions existent à la problématique de la cigarette. Chacun s’accorde à dire que les méfaits du tabac viennent principalement du fait qu’il y a combustion. Les innovations d’aujourd’hui, ce sont des produits avec du tabac qu’on chauffe et aussi des produits avec de la nicotine, les cigarettes électroniques … ».

•• Sur l’IQOS

« C’est un virage stratégique et c’est parce que depuis des décennies, et surtout les dix dernières années, on a investi pour plus de 4,5 milliards de dollars pour le développement de produits basés sur la science et l’innovation. La technologie d’aujourd’hui nous permet d’arriver à mettre ces produits à disposition des fumeurs adultes qui continuent et continueront à fumer.

« L’Iqos, c’est un appareil électronique qui permet d’insérer des recharges de tabac et qui le chauffe. Ça peut paraître simple, mais toute innovation simple est un peu compliquée. Le tabac est chauffé de manière constante sans jamais dépasser les 350 degrés. Ce qui permet de dégager de la vapeur de tabac qui porte la nicotine.

« Et aujourd’hui, les études montrent que les niveaux des émissions toxiques sont réduits à hauteur de 95 %. Je tiens à préciser que ça ne veut pas dire que ces produits soient sans risques » (voir Lmdt des 29 et 22 octobre).

•• Sur le prix du tabac

« La France est le pays où la prévalence tabagique reste la plus élevée, malgré la réglementation qui est une des plus extrêmes au monde, malgré les niveaux de prix, et bientôt la trajectoire vers le paquet à 10 euros. Cela aide certaines personnes à arrêter de fumer la cigarette traditionnelle, c’est très bien, c’est ce qu’il y a de mieux. Mais, il reste 12 millions de fumeurs. »

•• Sur la transparence 

« C’est bien qu’il y ait des controverses sur l’Iqos. Mais je trouve tout de même qu’on manque de confiance de la part du monde extérieur. Il est normal qu’existe un certain scepticisme et voilà pourquoi on se doit d’être encore plus transparent. Et aujourd’hui, nous mettons à disposition toutes nos études scientifiques. Car il s’agit d’innovations technologiques et de science. Qu’il y ait controverse c’est logique, mais ce qui est intéressant c’est qu’il y ait débat.

« Il y a une vingtaine d’études indépendantes qui vont dans la même direction (ndlr : en faveur de lqos) ».

« Soit on regarde vers le passé et on reste focalisé sur l’industrie du tabac, soit on se dit : mais que fait-on face au 1,1 milliard de fumeurs annoncé en 2025 par l’OMS ? ».

•• Sur le droit à l’information

« Nous avons mené une étude dans 31 pays, dont la France. Un peu plus de 31 000 citoyens ont été questionnés. Ils disent que les entreprises ont toute légitimité pour développer des innovations, basées sur la science et la technologie, qui permettent de répondre à une problématique de santé publique.

« Ils disent aussi que le Gouvernement a un rôle important à jouer, notamment dans l’accès à l’information. Si je prends l’exemple du tabac, il faut que les fumeurs puissent comprendre qu’il existe de meilleures alternatives.

« Ils disent encore que dans une politique de santé publique, la « cessation / prévention » ne suffit pas. C’est peut-être là que les alternatives au tabac brûlé ont un rôle à jouer. »

•• Sur le lobbying 

« Vous parlez beaucoup de lobbying avec une connotation un peu négative. Moi, je crois que le lobbying est une manière d’échanger entre gens qui prennent des décisions : le Gouvernement et des industriels qui maîtrisent certains sujets et savent de quoi ils parlent. C’est de l’échange d’informations.

« Aujourd’hui, on est très transparent, très ouvert. On a des sites Internet, des publications qui sont revue par des pairs. Et donc, on ouvre le débat. Philip Morris se met à parler parce qu’on a des solutions à la problématique de la cigarette. Et on doit pouvoir créer un monde sans fumée ».